Traitement des fibromes utérins par embolisation

L’embolisation est un traitement mini-invasif guidé par imagerie qui consiste à bloquer les artères qui alimentent les fibromes. Lorsque les symptômes des fibromes utérins deviennent invalidants et altèrent la qualité de vie et que la prise en charge médicale ne suffit pas, l’embolisation utérine peut être une solution. À l’Institut de Radiologie et Médecine Interventionnelle, elle est proposée au cas par cas après évaluation spécialisée.

En résumé

01

Durée de l’intervention

90 minutes

02

Hospitalisation

Ambulatoire

03

Anesthésie

Locale

IRMI en quelques chiffres

85 à 90 %
de succès clinique pour l'embolisation des fibromes utérins.
5 à 10 jours
C'est le délai moyen de reprise des activités après une embolisation de fibrome.
À retenir

L’embolisation des fibromes utérins est un traitement mini-invasif qui consiste à occlure, sous guidage par imagerie, les artères qui alimentent les fibromes afin de réduire leur volume. Elle constitue une alternative à la chirurgie qui préserve l’utérus. Son indication est posée au cas par cas, selon le désir de grossesse et les caractéristiques des fibromes.

Le principe : agir sur la source de croissance du fibrome

Les fibromes utérins dépendent fortement de leur vascularisation pour se développer : plus un fibrome reçoit de sang, plus il peut maintenir son activité biologique et parfois augmenter de volume. Cette vascularisation participe également à certains symptômes, notamment les saignements abondants.

L’embolisation des fibromes utérins consiste à réduire leur apport sanguin en obstruant les petites artères qui les alimentent. En interrompant l’alimentation sanguine des fibromes, le traitement provoque leur régression progressive tandis que le reste de l’utérus continue à être irrigué par d’autres réseaux vasculaires.

L’objectif n’est donc pas de retirer le fibrome mais de modifier son environnement afin qu’il perde progressivement son activité. Les symptômes sont réduits tout en évitant une chirurgie de l’utérus.

À quelles patientes s’adresse cette approche ?

L’embolisation peut être envisagée chez des patientes présentant :

  • des règles abondantes liées aux fibromes ;
  • une anémie secondaire aux saignements ;
  • des douleurs ou pesanteurs pelviennes ;
  • une sensation de pression sur la vessie ou le rectum ;
  • une gêne importante dans la vie quotidienne ;
  • un souhait d’éviter une intervention chirurgicale plus invasive.

L’indication dépend également du nombre de fibromes, de leur taille, de leur localisation et du projet de grossesse.

À l’IRMI, chaque situation fait l’objet une analyse individualisée.

Questions fibromes utérins : les réponses du Dr Hakime en vidéo

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Avant le traitement : analyser les fibromes avec précision

Avant toute embolisation, il est indispensable de comprendre quelles lésions sont responsables des symptômes.

Cette évaluation repose généralement sur :

  • l’examen clinique ;
  • l’échographie pelvienne ;
  • l’IRM pelvienne ;
  • l’analyse des saignements ;
  • l’évaluation de l’impact sur la qualité de vie.

L’IRM joue un rôle majeur car elle permet d’étudier le nombre de fibromes, leur taille et leur vascularisation. Cette étape permet de confirmer que l’embolisation constitue une option adaptée.

Comment se déroule l’embolisation des fibromes utérins ?

L’intervention est réalisée en salle de radiologie interventionnelle.

Après une ponction au niveau du poignet ou de l’aine, un cathéter est introduit dans le réseau artériel puis guidé jusqu’aux artères utérines. Une fois la vascularisation des fibromes analysée, de fines particules sont injectées afin d’interrompre leur alimentation sanguine.

L’intervention est réalisée sans incision chirurgicale de l’abdomen, et dans la majorité des cas, l’hospitalisation est courte.

Une technique de précision : comprendre la cartographie artérielle de l’utérus

L’efficacité du traitement repose sur l’identification précise des artères qui alimentent les fibromes.

Toutes les patientes ne présentent pas la même anatomie vasculaire. Certains fibromes sont irrigués par plusieurs branches artérielles tandis que d’autres disposent d’un réseau plus limité. Le guidage radiologique permet d’analyser cette vascularisation en temps réel et d’adapter la procédure à chaque situation.

L’objectif est de cibler les vaisseaux responsables du développement des fibromes tout en préservant la vascularisation normale de l’utérus.

Résultats : ce qu’il faut attendre de l’intervention

L’amélioration est généralement progressive.

Les premiers bénéfices concernent souvent les saignements menstruels qui deviennent moins abondants au fil des cycles. À mesure que les fibromes perdent leur activité, une diminution des sensations de pression pelvienne ou des douleurs peut également être observée.

Chez de nombreuses patientes, cette évolution s’accompagne d’une amélioration du confort quotidien et d’une réduction des limitations liées aux symptômes.

Le suivi repose sur l’évaluation clinique et l’imagerie afin d’analyser la réponse des fibromes au traitement.

Effets secondaires : ce qu’il faut savoir sans dramatiser

Après l’intervention, des douleurs pelviennes sont fréquentes pendant les premiers jours.

Elles correspondent à la réaction des fibromes après l’arrêt de leur vascularisation et font partie du processus attendu. Une fatigue passagère, des nausées ou une légère fièvre peuvent également survenir.

Ces manifestations sont généralement transitoires et prises en charge médicalement.

Comme toute procédure endovasculaire, des complications plus rares existent et sont expliquées avant le traitement.

Comparer sans opposer : embolisation et chirurgie des fibromes

L’embolisation et la chirurgie poursuivent un objectif commun : réduire l’impact des fibromes sur la vie quotidienne.

  • La chirurgie retire directement les lésions ou l’utérus selon les situations.
  • L’embolisation repose sur une approche différente puisqu’elle agit sur la vascularisation des fibromes afin de provoquer leur régression progressive.

Ces deux stratégies ne s’opposent pas et peuvent être discutées en fonction des attentes de la patiente, de son âge, de ses symptômes et des caractéristiques des fibromes.

Pourquoi l’expertise IRMI change tout

L’embolisation ne consiste pas simplement à injecter des particules dans une artère.

La compréhension de l’anatomie vasculaire, l’analyse de l’IRM et la sélection des patientes jouent un rôle essentiel dans la qualité des résultats.

Identifier les fibromes responsables des symptômes, choisir la stratégie adaptée et maîtriser la procédure nécessitent une expertise spécifique en radiologie interventionnelle gynécologique. 

À l’Institut de Radiologie et Médecine Interventionnelle, notre approche personnalisée contribue directement à l’efficacité et à la sécurité du traitement.

Références

  • Haute Autorité de Santé (HAS). Embolisation des artères utérines pour la prise en charge des fibromes utérins. Saint-Denis La Plaine: HAS; 2017
  • Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). Prise en charge des fibromes utérins : Recommandations pour la pratique clinique. J Gynecol Obstet Biol Reprod. 2011;40(8):856-872.
  • Gupta JK, Sinha A, Lumsden MA, Hickey M. Uterine artery embolization for symptomatic uterine fibroids. Cochrane Database Syst Rev. 2014;(12):CD005073.
  • De Bruijn AM, Ankum WM, Reekers JA, Birnie E, van der Kooij SM, Volkers NA, et al. Uterine artery embolization versus hysterectomy in the treatment of symptomatic uterine fibroids: 10-year outcomes from the randomized EMMY trial. Am J Obstet Gynecol. 2016;215(6):745.e1-745.e12.

FAQ

Oui. L’utérus est conservé lors de l’intervention.

L’objectif principal est leur régression et l’amélioration des symptômes. Leur évolution dépend de leurs caractéristiques initiales.

Non. L’embolisation est réalisée à travers un cathéter introduit dans une artère.

L’amélioration apparaît généralement progressivement au cours des semaines et des mois suivant le traitement.

Oui. L’embolisation agit sur la vascularisation globale des fibromes présents dans l’utérus.