Traitement des fibromes utérins par cryochirurgie

La cryochirurgie est un traitement mini-invasif guidé par imagerie qui permet de détruire le fibrome par le froid. À l’Institut de Radiologie et Médecine Interventionnelle, elle est proposée lorsque les symptômes liés aux fibromes utérins deviennent gênants et que les traitements de première intention ne fonctionnent pas. Cependant, elle nécessite une expertise en radiologie interventionnelle et n’est envisagée que dans certaines indications, après évaluation spécialisée.

En résumé

01

Durée de l’intervention

30 minutes

02

Hospitalisation

Ambulatoire

03

Anesthésie

Locale

IRMI en quelques chiffres

85 %
de réduction du volume des fibromes après cryochirurgie.
< 1 heure
C'est la durée moyenne du geste, réalisé sous guidage par imagerie.
À retenir

La cryochirurgie des fibromes utérins est une technique mini-invasive qui détruit le tissu fibromateux par congélation, sous guidage par imagerie. Elle constitue une alternative aux autres traitements conservateurs pour certains fibromes sélectionnés. Son indication dépend de la taille et de la localisation des fibromes, évaluée au cas par cas.

Le principe : transformer le fibrome en cible thérapeutique

La cryochirurgie consiste à introduire une ou plusieurs sondes au sein du fibrome afin d’y appliquer un froid extrême. Cette exposition au froid entraîne la destruction progressive des cellules qui composent la lésion.

Contrairement aux traitements qui agissent sur l’environnement du fibrome, la cryochirurgie cible directement la masse fibromateuse. Au fil des mois, le fibrome traité évolue vers une régression progressive, ce qui permet de réduire les symptômes provoqués.

L’objectif n’est donc pas de modifier les hormones ou la vascularisation, mais d’agir directement sur le tissu fibromateux lui-même sans recourir à une chirurgie d’exérèse.

À quelles patientes s’adresse cette approche ?

La cryochirurgie peut être envisagée chez certaines patientes présentant :

  • un fibrome symptomatique ;
  • des douleurs pelviennes persistantes ;
  • une sensation de masse ou de pression ;
  • un inconfort lié au volume du fibrome ;
  • une gêne dans la vie quotidienne ;
  • un souhait d’éviter une chirurgie plus invasive.

L’indication dépend notamment de la taille du fibrome, de sa localisation et de ses rapports avec les structures voisines. Toutes les patientes ne sont pas éligibles à cette technique.

Accédez à un avis expert

Vous souhaitez un avis médical ou vous orienter vers une solution non chirurgicale ?

Soumettez votre dossier à nos médecins référents via notre formulaire en seulement quelques clics. Nos équipes reviendront vers vous dans les meilleurs délais pour évoquer une éventuelle prise en charge.

Avant le traitement : comprendre précisément les caractéristiques du fibrome

Avant toute cryochirurgie, une analyse complète est nécessaire.

Cette évaluation repose généralement sur :

  • l’examen clinique ;
  • l’échographie pelvienne ;
  • l’IRM pelvienne ;
  • l’étude de la localisation du fibrome ;
  • l’analyse des symptômes.

L’objectif est de déterminer si le fibrome est accessible à la cryochirurgie et si cette stratégie correspond aux attentes de la patiente.

Cette phase de sélection joue un rôle majeur dans la qualité des résultats.

Comment se déroule la destruction d’un fibrome par le froid ?

L’intervention est réalisée en radiologie interventionnelle sous guidage par imagerie.

Après anesthésie adaptée, une ou plusieurs sondes sont introduites à travers la peau jusqu’au fibrome. Des cycles successifs de congélation et de décongélation sont ensuite réalisés afin d’obtenir la destruction du tissu ciblé.

Le traitement est effectué sans incision abdominale importante et sans retrait de l’utérus.

Une technique de précision : visualiser la zone traitée en temps réel

La précision constitue l’un des principaux atouts de la cryochirurgie.

Pendant l’intervention, l’imagerie permet de visualiser la progression du glaçon thérapeutique autour du fibrome. Cette particularité offre au médecin la possibilité d’adapter le traitement au fur et à mesure afin de couvrir la lésion tout en protégeant les tissus voisins.

L’objectif est de détruire efficacement le fibrome sans exposer inutilement l’utérus ou les organes adjacents.

Quels résultats attendre ?

La cryochirurgie agit progressivement, nécessitant un suivi clinique et radiologique. Après le traitement, le fibrome cesse progressivement son activité et évolue vers une réduction de volume au fil des mois.

Chez de nombreuses patientes, cette évolution s’accompagne d’une diminution des douleurs, des sensations de pression pelvienne ou des gênes liées à la présence du fibrome.

Effets secondaires : ce qu’il faut savoir sans dramatiser

Après l’intervention, une gêne pelvienne ou des douleurs modérées peuvent apparaître pendant quelques jours. Ces manifestations correspondent généralement à la réaction normale du tissu traité après la cryochirurgie.

Une fatigue temporaire ou une sensibilité locale peuvent également être observées.

Comme toute procédure interventionnelle, des complications plus rares existent et font l’objet d’une information préalable.

Comparer sans opposer : cryochirurgie, embolisation et chirurgie

La cryochirurgie occupe une place particulière parmi les traitements des fibromes.

Alors que l’embolisation agit sur les artères qui alimentent les fibromes, la cryochirurgie cible directement le tissu fibromateux.

La chirurgie, quant à elle, repose sur l’ablation du fibrome ou de l’utérus selon les situations.

Ces différentes approches répondent à des indications distinctes et peuvent être discutées selon les caractéristiques du fibrome et les objectifs thérapeutiques.

Pourquoi l’expertise IRMI change tout

La réussite d’une cryochirurgie dépend de nombreux paramètres.

Le choix des patientes, l’analyse de l’IRM, le positionnement des sondes et le contrôle du glaçon thérapeutique nécessitent une expertise spécifique en radiologie interventionnelle. 

Références

  • Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). Prise en charge des fibromes utérins : Recommandations pour la pratique clinique. J Gynecol Obstet Biol Reprod. 2011;40(8):856-872.
  • Cazzato RL, Garnon J, Ramamurthy N, Koch G, Tsoumakidou G, Caudrelier J, et al. Percutaneous image-guided cryoablation of soft tissue lesions: a review of the literature. Cardiovasc Intervent Radiol. 2016;39(10):1398-1408.
  • Zupi E, Sbracia M, Marconi D, Solima E, Cento F, Valli C, et al. Myolysis of uterine myomas by cryoablation under laparoscopic control. J Am Assoc Gynecol Laparosc. 2004;11(4):484-487.
  • Société Française de Radiologie (SFR). Radiologie interventionnelle gynécologique : techniques d’ablation thermique des fibromes utérins. Paris: SFR; 2022

FAQ

Non. Elle détruit le tissu fibromateux par le froid, qui régresse ensuite progressivement.

Oui. La procédure vise à traiter le fibrome tout en préservant l’utérus.

Non. La réduction du fibrome et l’amélioration des symptômes se font progressivement.

Cela dépend du nombre de lésions, de leur taille et de leur localisation.

Non. Chaque situation nécessite une évaluation individualisée afin de choisir la stratégie la plus adaptée.