Traitement de l’épitrochléite (golfer’s elbow) par PRP
L’épitrochléite, également appelée « golfer’s elbow », peut entraîner des douleurs persistantes sur la face interne du coude, une diminution de la force et une gêne dans les gestes du quotidien. Lorsque les traitements conservateurs deviennent insuffisants et que les douleurs persistent malgré la rééducation et les traitements habituels, certaines techniques ciblées peuvent être envisagées. Parmi elles, les injections de PRP constituent une approche mini-invasive utilisant les propres cellules du patient afin de stimuler certains mécanismes biologiques locaux.
En résumé
IRMI en quelques chiffres
Le PRP est un traitement mini-invasif utilisant le sang du patient lui-même. Il consiste à injecter un concentré de plaquettes (le Plasma Riche en Plaquettes ) dans les tendons douloureux du coude, à leur insertion sur l’épitrochlée (face interne du coude), afin d’agir sur certains mécanismes biologiques de réparation. Il est proposé au cas par cas après évaluation spécialisée et nécessite une expertise en médecine interventionnelle et en imagerie.
Le principe : utiliser les ressources biologiques du patient
Les plaquettes jouent un rôle important dans les phénomènes de réparation des tissus : elles contiennent des facteurs biologiques impliqués dans la cicatrisation. Le traitement consiste à concentrer les plaquettes du patient, puis à les injecter directement dans la zone tendineuse douloureuse.
Le geste débute par une simple prise de sang. Le sang est ensuite centrifugé afin d’isoler le plasma riche en plaquettes, injecté directement dans les tendons atteints du coude. L’objectif est de stimuler certains mécanismes biologiques locaux de réparation, particulièrement pertinents dans l’épitrochléite chronique, où l’atteinte est davantage dégénérative qu’inflammatoire.
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À quels patients s’adresse cette approche ?
Le PRP ne concerne pas toutes les douleurs du coude. Il s’adresse à des patients présentant :
- une épitrochléite chronique
- des douleurs persistantes malgré les traitements conservateurs
- une gêne fonctionnelle importante
- une douleur lors de la préhension ou du port de charges
- une atteinte chronique des tendons du coude
Les patients décrivent souvent une douleur lors des mouvements répétitifs du poignet ou de l’avant-bras.
Tous les patients ne sont pas éligibles : l’indication dépend de l’état des tendons à l’imagerie, de l’ancienneté des symptômes et du contexte clinique global. La décision est prise après une évaluation spécialisée.
Avant le traitement : une étape essentielle
Une évaluation préalable est indispensable. Elle repose sur l’analyse des symptômes, l’examen clinique et l’imagerie, et permet de :
- confirmer l’origine tendineuse de la douleur
- évaluer l’état des tendons
- rechercher d’éventuelles lésions associées (notamment une atteinte du nerf ulnaire voisin, à ne pas confondre avec l’épitrochléite)
- s’assurer que le PRP est adapté à la situation
Une mauvaise indication peut limiter l’efficacité du traitement.
Déroulement d’une injection de PRP
L’intervention est réalisée en consultation spécialisée ou en radiologie interventionnelle :
- Une prise de sang est réalisée avant le geste.
- Le sang est centrifugé afin d’obtenir le concentré de PRP.
- Une aiguille fine est introduite dans la zone tendineuse ciblée, sous guidage échographique.
- Le PRP est injecté directement dans le tendon douloureux.
- Un pansement simple est posé ; aucune chirurgie ouverte n’est nécessaire.
Le geste se déroule généralement sous anesthésie locale ou sans anesthésie selon la sensibilité du patient. La durée et les modalités varient selon chaque patient.
Le rôle central de l’imagerie dans le traitement
L’imagerie permet de guider les injections avec précision. Le PRP est généralement réalisé sous guidage échographique, qui permet de visualiser les tendons en temps réel et de cibler précisément les zones pathologiques. Cette précision participe à la fois à la sécurité du geste et à son efficacité.
Résultats : ce qu’il faut réellement attendre
Dans de nombreux cas, les injections de PRP permettent, sur la durée :
- une diminution des douleurs
- une amélioration de la force
- une réduction de la gêne fonctionnelle
- une amélioration de la qualité de vie
Les effets sont généralement progressifs, se développant sur plusieurs semaines. Une rééducation adaptée reste souvent importante après le traitement. Un suivi est nécessaire pour évaluer l’évolution.
Effets secondaires : ce qu’il faut savoir sans dramatiser
Comme toute procédure, les injections de PRP comportent des risques, généralement limités car il s’agit d’un produit autologue (issu du patient lui-même, sans risque de rejet ou de réaction allergique) :
- des douleurs transitoires après l’injection
- une irritation locale
- une gêne temporaire
- de manière rare, des complications liées à la procédure
Le risque dépend du terrain du patient et de la précision du geste. Une information claire est délivrée avant toute intervention.
PRP VS autres traitements
Le PRP ne remplace pas toutes les autres approches : il s’intègre dans une stratégie globale de prise en charge de l’épitrochléite. La kinésithérapie, les traitements antalgiques, les infiltrations, l’embolisation ou d’autres traitements interventionnels peuvent également être proposés selon les situations. Ces approches sont complémentaires, et le choix repose sur une analyse personnalisée.
Pourquoi l’expertise change tout
Les injections de PRP dans l’épitrochléite nécessitent une expertise spécialisée, reposant sur :
- une analyse précise des tendons à l’imagerie, pour confirmer l’indication et écarter une atteinte du nerf ulnaire voisin
- une sélection rigoureuse des patients
- un ciblage précis des zones tendineuses atteintes sous guidage échographique
- une prise en charge globale, articulée avec la rééducation
Chez IRMI, cette expertise s’appuie sur une continuité rare entre diagnostic et traitement, réalisés par la même équipe spécialisée ; un gage de précision et de pertinence de l’indication.
Références
- Haute Autorité de Santé (HAS)
- Société Française de Médecine du Sport
- Société Française de Radiologie
- PubMed – essais randomisés sur le PRP dans l’épicondylopathie du coude (latérale et médiale)
FAQ
Le geste est généralement bien toléré, même si une gêne transitoire peut apparaître après l’injection.
Non. Les effets apparaissent progressivement sur plusieurs semaines.
Cela dépend de chaque situation clinique.
Une reprise progressive est généralement recommandée selon l’évolution clinique.