Traitement de l’épitrochléite (golfer’s elbow) par embolisation
L’épitrochléite, également appelée « golfer’s elbow », peut entraîner des douleurs persistantes sur la face interne du coude, une gêne lors des mouvements et une diminution de la force. Lorsque les traitements conservateurs deviennent insuffisants et que les douleurs persistent malgré la rééducation et les traitements habituels, l’embolisation peut être envisagée. Cette technique mini-invasive guidée par imagerie, vise à réduire certaines hypervascularisations inflammatoires impliquées dans les phénomènes douloureux chroniques des tendons du coude.
En résumé
IRMI en quelques chiffres
L’embolisation du golfer’s elbow est une technique mini-invasive. Elle consiste à réduire certaines vascularisations inflammatoires anormales autour des tendons, et agit sur les mécanismes impliqués dans la douleur chronique. Elle est proposée au cas par cas après évaluation spécialisée et nécessite une expertise en radiologie interventionnelle.
Le principe : agir sur les phénomènes inflammatoires des tendons
Dans certaines épitrochléites chroniques, le tendon des muscles fléchisseurs du poignet et pronateurs (à leur insertion sur l’épitrochlée, face interne du coude) développe une inflammation persistante, qui s’accompagne parfois d’une hypervascularisation anormale : de nouveaux petits vaisseaux sanguins (néovaisseaux) apparaissent autour des zones tendineuses lésées. Ces vaisseaux sont souvent associés à des fibres nerveuses néoformées, qui participent à l’entretien de la douleur chronique, un mécanisme comparable à celui observé dans l’épicondylite latérale, sur la face opposée du coude.
L’embolisation consiste à agir directement sur cette vascularisation anormale : le traitement repose sur l’injection de particules très fines dans les vaisseaux ciblés, ce qui réduit l’hypervascularisation inflammatoire et, par ce mécanisme, diminue les phénomènes douloureux chroniques du coude.
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À quels patients s’adresse cette approche ?
L’embolisation ne concerne pas toutes les douleurs du coude. Elle s’adresse à des patients présentant :
- une épitrochléite chronique
- des douleurs persistantes malgré les traitements conservateurs
- une gêne fonctionnelle importante
- une douleur lors de la préhension ou des mouvements du poignet
- une limitation des activités quotidiennes ou sportives
Les patients décrivent souvent une douleur lors du port de charges ou des mouvements répétitifs du bras (préhension, torsion du poignet).
Tous les patients ne sont pas éligibles : l’indication dépend du mécanisme de la douleur, de l’analyse de l’imagerie et du contexte clinique global. La décision est prise après une évaluation spécialisée.
Avant le traitement : une étape essentielle
Une évaluation préalable est indispensable. Elle repose sur l’analyse des symptômes, l’examen clinique et l’imagerie, et permet de :
- confirmer l’origine tendineuse de la douleur
- évaluer l’état des tendons
- rechercher une inflammation persistante
- s’assurer que l’embolisation est adaptée à la situation
Une mauvaise indication peut limiter l’efficacité du traitement.
Déroulement d’une embolisation de l’épitrochléite
L’intervention est réalisée en radiologie interventionnelle, sans chirurgie ouverte :
- Une anesthésie locale est réalisée au point de ponction (généralement au niveau du poignet).
- Un microcathéter est introduit dans une artère, puis guidé jusqu’aux vaisseaux ciblés du coude.
- Des particules d’embolisation sont injectées de manière très précise dans les vaisseaux anormaux identifiés.
- Le cathéter est retiré et un pansement compressif est posé au point de ponction.
La durée et les modalités varient selon chaque patient. Le patient rentre généralement chez lui le jour même.
Le rôle central de l’imagerie dans le traitement
L’imagerie permet de guider la procédure avec précision. L’embolisation est réalisée sous contrôle radiologique (artériographie), qui permet de visualiser les petits vaisseaux impliqués dans les phénomènes inflammatoires des tendons du coude et d’adapter le geste pour assurer la sécurité de la procédure.
Résultats : ce qu’il faut réellement attendre
Une étude de cohorte rétrospective portant sur 10 patients présentant une épitrochléite chronique résistante aux traitements conservateurs a montré un taux de succès clinique de 85,7 % des procédures, avec un soulagement significatif de la douleur et une amélioration fonctionnelle.
Dans de nombreux cas, l’embolisation permet :
- une diminution des douleurs
- une amélioration de la force
- une réduction de la gêne fonctionnelle
- une amélioration de la qualité de vie
Les effets peuvent être progressifs. Une rééducation adaptée reste souvent importante après le traitement. Un suivi est nécessaire pour évaluer l’évolution.
Effets secondaires : ce qu’il faut savoir sans dramatiser
Comme toute procédure, l’embolisation comporte des risques, généralement limités :
- des douleurs transitoires
- des ecchymoses au point de ponction
- une irritation locale
- de manière rare, des complications vasculaires
Le risque dépend du terrain du patient et de la précision du geste. Une information claire est délivrée avant toute intervention.
Embolisation VS autres traitements
L’embolisation ne remplace pas toutes les autres approches : elle s’intègre dans une stratégie globale de prise en charge de l’épitrochléite. La kinésithérapie, les traitements antalgiques, les infiltrations, le PRP ou d’autres traitements interventionnels peuvent également être proposés selon les situations. Ces approches sont complémentaires, et le choix repose sur une analyse personnalisée du mécanisme dominant chez chaque patient.
Pourquoi l’expertise change tout
L’embolisation du golfer’s elbow est une technique spécialisée qui nécessite :
- une expertise en radiologie interventionnelle et en prise en charge des douleurs tendineuses chroniques
- une analyse précise des mécanismes inflammatoires, en amont du geste
- une sélection rigoureuse des patients
Chez IRMI, cette expertise s’appuie sur une continuité rare entre diagnostic et traitement, réalisés par la même équipe spécialisée ; un gage de précision et de pertinence de l’indication.
Références
- PubMed – Short-term results of transcatheter arterial embolization for chronic medial epicondylitis refractory to conservative treatment
- Cardiovascular and Interventional Radiology – étude de cohorte sur l’embolisation du golfer’s elbow
- PMC – revue systématique sur l’embolisation musculo-squelettique des tendinopathies du coude
FAQ
Il est généralement réalisé sous anesthésie locale et bien toléré.
L’amélioration peut être progressive selon les patients.
Cela dépend de l’évolution clinique et des recommandations médicales.
Oui, notamment si les contraintes mécaniques persistent.