Thermoablation percutanée des fibromes
La thermoablation percutanée est un traitement mini-invasif des fibromes utérins symptomatiques. Sous guidage précis de l’imagerie, une fine aiguille est introduite à travers la peau jusqu’au cœur du fibrome, qui est détruit par la chaleur, sans incision chirurgicale et sans retrait de l’utérus. Le fibrome traité se rétracte progressivement, ce qui peut réduire les règles abondantes, les douleurs et la sensation de pesanteur. Cette technique est particulièrement adaptée lorsqu’un ou quelques fibromes bien identifiés expliquent les symptômes. À l’Institut IRMI, où thermoablation, cryoablation et embolisation sont pratiquées, l’IRM guide le choix de la technique la plus adaptée à chaque patiente, après un bilan complet.
En résumé
IRMI en quelques chiffres
- À retenir
- L'importance de l'expertise
- Qu'est-ce que la thermoablation percutanée d'un fibrome ?
- Son action sur les symptômes
- Quels fibromes peuvent être traités ?
- L’importance du bilan
- Déroulement la thermoablation à l'Institut IRMI ?
- One Day Fibrome
- Suites de l'intervention
- Quels résultats peut-on attendre ?
- Risques, limites et alternatives
- Prise en charge financière
- FAQ
La thermoablation percutanée détruit directement tout ou partie d’un fibrome par la chaleur. Le tissu n’est pas retiré : il se rétracte progressivement au cours des mois suivants. Elle s’adresse surtout à un ou quelques fibromes bien identifiés et accessibles, préserve l’utérus et permet un retour rapide à la vie quotidienne.
Le véritable critère de succès est l’amélioration des règles, de l’anémie, des douleurs et des symptômes de compression. Une IRM pelvienne experte est indispensable pour vérifier que le fibrome est bien responsable des symptômes et qu’il peut être traité de façon ciblée et sûre.
L’importance de l’expertise
Traiter un fibrome par la chaleur est un geste de précision. Un fibrome peut être sous-muqueux, intramural ou sous-séreux, unique ou multiple, et situé près de l’endomètre, de la vessie, de l’intestin ou des ovaires. Il ne s’agit donc pas simplement de placer une aiguille dans une masse : il faut construire une zone de chaleur suffisante pour traiter le fibrome tout en protégeant les structures voisines.
À l’Institut IRMI, cette précision repose sur plusieurs éléments :
- Une expérience de plus de 1 000 ablations percutanées et de plus de 15 ans en ablation guidée par l’imagerie, qui permet de maîtriser la planification des trajectoires, le repositionnement des aiguilles et les marges de sécurité, y compris pour les fibromes volumineux ou profonds.
- L’ensemble des techniques percutanées et endovasculaires réunies dans la même équipe : thermoablation par radiofréquence ou micro-ondes, cryoablation et embolisation des artères utérines. Un fibrome unique accessible peut relever d’une ablation ciblée, un utérus polymyomateux plus souvent d’une embolisation : la technique est choisie selon la maladie de chaque patiente, et non l’inverse.
- Un guidage multimodal : échographie de dernière génération en temps réel, scanner interventionnel et fusion d’images avec l’IRM lorsque cela est utile, pour suivre en continu la position de l’aiguille et l’étendue de la zone traitée.
- La protection des organes voisins : lorsque l’anatomie l’exige, une hydrodissection (injection de liquide) permet d’éloigner l’intestin ou la vessie de la zone chauffée.
- Une double expertise pour les cas complexes : pour certains fibromes volumineux, multiples ou proches de structures sensibles, deux radiologues interventionnels expérimentés peuvent intervenir conjointement.
- Un environnement hospitalier complet, avec une équipe paramédicale dédiée et une équipe d’anesthésie disponible en permanence sur site, permettant une prise en charge adaptée, y compris chez les patientes fragiles.
- Une décision partagée avec les gynécologues lorsque la situation le nécessite, afin de comparer thermoablation, embolisation, hystéroscopie, myomectomie et traitement médical.
Dans ce cadre expert, les complications graves sont rares dans les séries publiées.
Qu’est-ce que la thermoablation percutanée ?
La thermoablation regroupe les techniques qui détruisent un tissu par la chaleur, principalement la radiofréquence et les micro-ondes. Une fine aiguille applicatrice est introduite à travers la peau jusque dans le fibrome, sous guidage échographique et, selon les situations, avec un contrôle complémentaire par scanner ou fusion d’images. L’énergie chauffe le tissu ciblé et provoque sa nécrose, c’est-à-dire sa destruction contrôlée : la vascularisation disparaît dans la zone traitée, puis le fibrome diminue progressivement de volume.
Radiofréquence et micro-ondes poursuivent le même objectif mais ne produisent pas exactement la même zone d’ablation. Le choix dépend du volume, de la forme, de la vascularisation et de la profondeur du fibrome, ainsi que de la proximité des structures sensibles. Pour un fibrome volumineux, plusieurs applications ou repositionnements peuvent être nécessaires.
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Vous avez un ou plusieurs fibromes et souhaitez savoir si un traitement sans chirurgie est possible ? Nos médecins peuvent relire votre IRM et vos examens, analyser votre dossier et comparer les différentes options adaptées à votre situation.
Comment cette approche agit-elle sur les symptômes ?
Les règles abondantes sont souvent liées aux fibromes proches de l’endomètre, tandis que les douleurs, la pesanteur, les envies fréquentes d’uriner ou la constipation sont plutôt liées au volume et à la position du fibrome. En détruisant sa partie vascularisée, la thermoablation entraîne sa rétraction progressive et réduit son impact sur la cavité utérine et les organes voisins.
L’amélioration débute en général au cours des premières semaines et se poursuit pendant plusieurs mois. Le fibrome n’a pas besoin de disparaître complètement pour que les symptômes s’améliorent nettement. En cas d’anémie, une supplémentation en fer peut accompagner le traitement.
Quels fibromes peuvent être traités ?
La thermoablation peut être envisagée lorsqu’un ou quelques fibromes clairement identifiés expliquent les symptômes et peuvent être atteints par une trajectoire sûre. Elle peut concerner des fibromes intramuraux, sous-séreux ou sous-muqueux à composante intramurale, après analyse de leur classification FIGO et de leur environnement anatomique. Elle est notamment discutée en cas de :
- fibrome unique ou petit nombre de fibromes dominants ;
- règles abondantes ou anémie liées au fibrome ;
- douleurs, pesanteur ou compression urinaire ou digestive ;
- échec, mauvaise tolérance ou refus du traitement médical ;
- souhait de conserver l’utérus et d’éviter une chirurgie ;
- récidive après myomectomie, lorsque le nouveau fibrome est accessible.
Elle est moins adaptée lorsque l’utérus comporte de très nombreux fibromes, lorsqu’aucun fibrome dominant n’explique les symptômes, ou lorsqu’un fibrome situé dans la cavité peut être retiré simplement par hystéroscopie. Elle n’est pas réalisée en cas de grossesse en cours, d’infection pelvienne active, de trouble de la coagulation non corrigé, ou de lésion d’aspect atypique qui doit d’abord faire l’objet d’une évaluation diagnostique spécifique.
Pourquoi le bilan avant traitement est-il essentiel ?
Le bilan confirme que les symptômes sont bien liés aux fibromes et recherche une adénomyose, une endométriose ou une pathologie de l’endomètre associée. Il précise le nombre, le volume, la position et la vascularisation des fibromes, ainsi que leurs rapports avec la cavité utérine et les organes voisins.
L’IRM pelvienne est l’examen central pour choisir entre thermoablation, embolisation, cryoablation, hystéroscopie ou myomectomie. Une échographie spécialisée complète la planification de la voie d’abord.
Le bilan comprend aussi une consultation gynécologique, une numération sanguine à la recherche d’une anémie et, selon l’âge et le contexte, une exploration de l’endomètre. En cas d’aspect atypique, une biopsie peut être discutée avant tout traitement.
Comment se déroule la thermoablation à l’Institut IRMI ?
- Planification : l’IRM est relue pour sélectionner le ou les fibromes à traiter et définir une trajectoire sûre.
- Anesthésie : l’intervention est généralement réalisée sous anesthésie générale courte ou sédation profonde, selon la stratégie retenue.
- Mise en place : sous guidage échographique en temps réel, complété si besoin par le scanner ou la fusion d’images, l’aiguille est introduite dans le fibrome par une ponction cutanée de quelques millimètres.
- Protection : si nécessaire, une hydrodissection éloigne la vessie, l’intestin ou une annexe de la zone traitée.
- Ablation : l’énergie est délivrée par étapes ; l’aiguille peut être repositionnée pour couvrir le volume utile du fibrome.
- Contrôle : l’imagerie vérifie la dévascularisation du fibrome avant le retrait du matériel.
La durée dépend du nombre, de la taille et de la position des fibromes. Le geste se déroule dans un environnement hospitalier, avec une équipe d’anesthésie disponible en permanence sur site.
One Day Fibrome et Adénomyose : un parcours coordonné sur une journée
Lorsque la situation médicale le permet, l’IRMI peut regrouper sur une même journée la consultation spécialisée, la relecture de l’IRM, les examens complémentaires réalisables sur place et la comparaison des différentes options thérapeutiques.
Notre plateau d’imagerie intégré (échographie, scanner, IRM) permet de compléter les explorations utiles et d’en croiser les résultats avec les données cliniques. L’objectif : limiter la multiplication des rendez-vous, sans réduire la qualité de l’évaluation médicale
Suites de l’intervention
Les suites sont simples dans la grande majorité des cas. Après une surveillance de quelques heures, le retour à domicile est le plus souvent possible le jour même : dans une étude prospective récente, 97 % des patientes ont quitté l’hôpital le jour du traitement.
Dans les premiers jours, des crampes pelviennes, une fatigue, de petits saignements ou écoulements vaginaux, voire une légère fièvre, sont fréquents. Ces réactions sont attendues : elles traduisent la cicatrisation de la zone traitée et régressent rapidement avec le traitement antalgique prescrit. La reprise des activités est généralement plus rapide qu’après une chirurgie.
Les complications graves sont rares. La planification sur l’IRM, le guidage en temps réel et les techniques de protection des organes voisins contribuent à limiter au maximum les risques de saignement, d’infection ou de lésion thermique. Comme pour toute intervention, un risque ne peut jamais être totalement exclu : il fait l’objet d’une information personnalisée avant le traitement.
Vous ne quittez pas le centre sans suivi
Avant votre sortie, vous recevez les consignes postopératoires, les prescriptions nécessaires et les coordonnées de l’équipe.
Un numéro dédié est accessible 24 h / 24 en cas de douleur inhabituelle, de saignement, de fièvre ou de question sur les suites du traitement. L’équipe évalue votre situation et vous oriente rapidement.
En cas de fièvre élevée, de douleur intense non calmée par le traitement, de saignement abondant, de malaise ou de difficulté à respirer, appelez directement le 15 (ou le 112).
Une consultation de suivi est ensuite organisée, avec si besoin une échographie ou une IRM pour évaluer la dévascularisation et la rétraction du fibrome.
Quels résultats peut-on attendre ?
Une méta-analyse de 10 études portant sur 671 patientes traitées par micro-ondes rapporte une diminution de 66 % de la sévérité des symptômes, une amélioration de 72 % de la qualité de vie et une réduction moyenne du volume des fibromes de 70,9 % à 12 mois, sans complication majeure rapportée dans les études incluses.
Une étude prospective européenne de 113 patientes retrouvait à six mois une diminution de 38 % des saignements menstruels et une réduction médiane de 64 % du volume des trois principaux fibromes traités, la plus importante (82 %) concernant les fibromes sous-muqueux. Un seul événement indésirable sévère (0,8 %) y était observé. D’autres séries confirment une rétraction de l’ordre de 66 % à six mois, et des suivis jusqu’à 24 mois ont été publiés.
L’amélioration dépend de la proportion du fibrome effectivement traitée, de sa vascularisation, de sa position et de la présence d’autres fibromes ou d’une adénomyose. Si des symptômes persistent ou réapparaissent, un traitement médical, une nouvelle ablation, une embolisation ou une chirurgie peuvent être proposés.
Risques, limites et alternatives
La thermoablation ne convient pas à tous les fibromes. Ses limites tiennent surtout au nombre de fibromes, à leur position et à leur volume. Plusieurs options peuvent être comparées :
| Option | Situation fréquente | Principe | Point distinctif |
|---|---|---|---|
| Thermoablation | Un ou quelques fibromes dominants et accessibles | Destruction directe par la chaleur | Traitement ciblé, sans exérèse, avec récupération rapide |
| Cryoablation | Fibrome sélectionné, proche de structures sensibles | Destruction ciblée par le froid | Visualisation précise de la zone glacée sous imagerie |
| Embolisation des artères utérines | Fibromes multiples ou utérus polymyomateux | Traitement de la vascularisation des fibromes | Action globale sur tous les fibromes en un seul geste |
| Hystéroscopie | Fibrome principalement situé dans la cavité | Résection par les voies naturelles | Retrait immédiat d'un fibrome accessible |
| Myomectomie | Fibrome nécessitant une exérèse ou projet reproductif spécifique | Ablation chirurgicale du fibrome | Analyse du tissu retiré et reconstruction du muscle utérin |
| Traitements médicaux | Symptômes modérés ou attente d'un traitement | Action hormonale ou sur les saignements | Effet souvent temporaire, tolérance variable |
Ces traitements ne s’opposent pas : une patiente présentant plusieurs types de fibromes peut bénéficier d’une stratégie combinée ou en plusieurs temps.
Thermoablation et projet de grossesse
La thermoablation conserve l’utérus, sans ouverture ni suture du muscle utérin, et n’intervient pas sur les ovaires. Des grossesses menées à terme ont été rapportées après ablation thermique de fibromes. Une revue de la littérature a recensé 50 grossesses chez 923 patientes traitées par radiofréquence ; ses auteurs concluent que l’ablation peut représenter une alternative sûre et efficace pour les femmes qui souhaitent préserver leur fertilité.
Chez une patiente ayant un projet de grossesse, la sélection doit être particulièrement précise : l’IRM étudie la relation du fibrome avec l’endomètre, l’épaisseur du muscle utérin sain et la déformation de la cavité. Selon le type de fibrome, une myomectomie par hystéroscopie ou par chirurgie peut parfois rester préférable.
Lorsque la thermoablation est retenue, le projet est préparé avec le gynécologue et, si nécessaire, une équipe de médecine de la reproduction, après un contrôle confirmant la bonne cicatrisation. Les données sont encourageantes, mais encore moins nombreuses que pour la myomectomie.
Prix et remboursement
Le coût ne doit pas constituer un frein à l’accès à l’expertise. Selon le parcours, la couverture de l’Assurance Maladie et les garanties de la complémentaire santé, une prise en charge sans reste à charge peut être possible. Les éventuels honoraires ou frais complémentaires sont précisés avant l’intervention, afin que chaque patiente puisse vérifier leur remboursement. Un devis est remis avant toute intervention.
Les informations présentées sur cette page sont fournies à titre informatif et ne remplacent pas une consultation médicale personnalisée. Le diagnostic et le choix du traitement dépendent de la situation clinique, des résultats du bilan, des bénéfices attendus, des risques, des limites et des alternatives disponibles, qui sont discutés avec chaque patiente avant toute décision.
Références
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- Chen T, Ren Q, Ge Q, et al. Application of transabdominal ultrasound- and laparoscopy-guided percutaneous microwave ablation for treating uterine fibroids: 24-month follow-up outcomes. Arch Gynecol Obstet. 2024;309(3):1043-1052. doi:10.1007/s00404-023-07334-9.
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- Polin M, Hur HC. Radiofrequency Ablation of Uterine Myomas and Pregnancy Outcomes: An Updated Review of the Literature. J Minim Invasive Gynecol. 2022;29(6):709-715. doi:10.1016/j.jmig.2022.01.015.
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- Meinhold-Heerlein I, Purandare N, Murji A, et al. FIGO best practice guidance for diagnosis and treatment of fibroids. Int J Gynecol Obstet. 2025;171(2):611-612. doi:10.1002/ijgo.70496.
FAQ
Le geste est réalisé sous anesthésie générale courte ou sédation profonde : vous ne ressentez pas de douleur pendant l’intervention. Des crampes pelviennes sont fréquentes les premiers jours et sont soulagées par le traitement antalgique prescrit.
Le plus souvent, non : après quelques heures de surveillance, le retour à domicile est possible le jour même. Une nuit sur place peut parfois être préférable selon l’heure du geste ou le contexte médical.
Non. Il est détruit par la chaleur sur place, puis diminue progressivement de volume. L’amélioration des symptômes peut survenir avant sa rétraction maximale.
Non. La thermoablation est particulièrement adaptée à un ou quelques fibromes dominants et accessibles. L’IRM détermine si la trajectoire et les marges de sécurité sont satisfaisantes.
Il n’existe pas de seuil unique. La taille est analysée avec la position, la vascularisation et le nombre de fibromes. Un fibrome très volumineux peut relever plutôt d’une embolisation ou d’une chirurgie.
Oui, lorsque les saignements sont principalement liés au fibrome traité. Les études publiées montrent une diminution significative du volume des règles après traitement.
Oui, des grossesses menées à terme ont été rapportées après ablation thermique de fibromes. Le projet est anticipé avant le geste et préparé avec le gynécologue après un contrôle de cicatrisation.
La thermoablation cible directement un petit nombre de fibromes dominants. L’embolisation agit sur tous les fibromes à la fois et convient souvent mieux à un utérus polymyomateux. Notre équipe pratique les deux techniques et vous oriente vers la plus adaptée.
La partie détruite se rétracte durablement, mais une zone non traitée peut rester vascularisée et d’autres fibromes peuvent apparaître. Le suivi par imagerie permet de les repérer et d’adapter la stratégie si besoin.
Contactez le numéro dédié de l’équipe, accessible 24 h / 24. En cas de fièvre élevée, de douleur intense non calmée, de saignement abondant ou de malaise, appelez directement le 15 ou le 112.
Une prise en charge sans reste à charge peut être possible selon le parcours, l’Assurance Maladie et la complémentaire santé. Les modalités et un devis sont communiqués avant l’intervention.
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