Traitement de l’adénomyose focale par cryochirurgie

La cryochirurgie est un traitement mini-invasif guidé par imagerie qui consiste à détruire une lésion par le froid. En cas d’adénomyose focale, lorsque les traitements de première intention ne fonctionnent pas, elle peut être proposée pour diminuer les douleurs et les symptômes. Cette technique nécessite une expertise en radiologie interventionnelle. À l’Institut de Radiologie et Médecine Interventionnelle, l’indication est posée au cas par cas, après évaluation spécialisée.

En résumé

01

Durée de l’intervention

60 minutes

02

Hospitalisation

Ambulatoire

03

Anesthésie

Locale

IRMI en quelques chiffres

85 %
de taux de succès pour la cryochirurgie dans les indications gynécologiques sélectionnées.
< 1 heure
C'est la durée moyenne de la procédure.
À retenir

La cryochirurgie consiste à appliquer un froid intense au cœur de l’adénomyose focale afin de provoquer la destruction progressive du tissu concerné. Cette technique agit directement sur la lésion sans retirer l’utérus. L’objectif est de diminuer l’impact de l’adénomyose sur la vie quotidienne en réduisant l’activité du foyer traité.

Le principe : neutraliser une zone d’adénomyose ciblée

L’adénomyose focale correspond à une atteinte localisée du muscle utérin. Cette zone peut devenir responsable de douleurs, de contractions excessives ou de saignements anormaux.

La cryochirurgie vise à intervenir directement sur ce foyer : sous l’effet de la congélation induite, les cellules de la zone traitée perdent progressivement leur capacité à fonctionner normalement. Avec le temps, la lésion devient moins active et les symptômes peuvent diminuer.

Cette approche cible donc la source anatomique du problème plutôt que son environnement vasculaire ou hormonal.

À quelles patientes s’adresse cette approche?

La cryochirurgie peut être envisagée chez certaines patientes présentant :

  • une adénomyose focale bien identifiée ;
  • des douleurs pelviennes persistantes ;
  • des symptômes résistants aux traitements médicaux ;
  • une gêne importante dans les activités quotidiennes ;
  • une atteinte localisée accessible au traitement.

L’indication dépend également de la taille de la lésion, de sa position dans l’utérus et des objectifs thérapeutiques de la patiente.

Toutes les formes d’adénomyose ne relèvent pas de cette technique.

Accédez à un avis expert

Vous souhaitez un avis médical ou vous orienter vers une solution non chirurgicale ?

Soumettez votre dossier à nos médecins référents via notre formulaire en seulement quelques clics. Nos équipes reviendront vers vous dans les meilleurs délais pour évoquer une éventuelle prise en charge.

Avant le traitement : vérifier que la lésion correspond aux symptômes

L’adénomyose peut parfois être associée à d’autres pathologies gynécologiques responsables de symptômes similaires.

Avant d’envisager une cryochirurgie, il est donc essentiel de confirmer que la zone identifiée à l’IRM est bien à l’origine des douleurs ou des saignements.

Cette analyse repose généralement sur :

  • l’interrogatoire ;
  • l’examen clinique ;
  • l’échographie pelvienne ;
  • l’IRM ;
  • l’étude précise de la localisation de la lésion.

Cette étape permet d’éviter de traiter une anomalie visible qui ne serait pas responsable des symptômes ressentis.

Comment se déroule une intervention percutanée guidée par imagerie?

L’intervention est réalisée en radiologie interventionnelle.

Après anesthésie adaptée, une sonde de cryochirurgie est introduite à travers la peau jusqu’à la lésion sous contrôle de l’imagerie. Plusieurs cycles de congélation et de décongélation sont ensuite réalisés afin de traiter la zone ciblée.

L’ensemble de la procédure est contrôlé en temps réel . Aucune ouverture chirurgicale de l’abdomen n’est nécessaire et l’utérus est conservé.

Une technique de précision : visualiser la zone de congélation en temps réel

La cryochirurgie possède une particularité importante : le traitement est visible pendant l’intervention.

Grâce à l’imagerie, le médecin peut observer l’évolution du glaçon thérapeutique autour de la sonde et vérifier son extension dans la lésion. Cette visualisation permet d’adapter le traitement à la forme exacte du foyer d’adénomyose.

L’objectif est d’obtenir une destruction suffisante de la zone ciblée tout en respectant les tissus utérins environnants.

Résultats : que faut-il attendre?

La cryochirurgie agit progressivement au fil des semaines et des mois suivant l’intervention.

La réduction de l’activité du foyer d’adénomyose peut permettre une diminution des douleurs cycliques et une amélioration du confort pendant les règles. Chez certaines patientes, le bénéfice se traduit également par une réduction du retentissement de la maladie sur les activités personnelles, professionnelles ou sociales.

L’objectif principal est d’obtenir un meilleur contrôle des symptômes tout en préservant l’utérus.

Effets secondaires : ce qu’il faut savoir sans dramatiser

Après le traitement, certaines patientes peuvent ressentir une sensation de tension pelvienne ou des douleurs modérées liées à l’évolution de la zone traitée. Ces manifestations correspondent généralement à la réaction normale du tissu après la cryodestruction.

Une fatigue passagère peut également être observée durant les premiers jours.

Contrairement à d’autres traitements, les suites sont principalement liées à la transformation progressive du tissu traité plutôt qu’à une modification de la vascularisation utérine.

Comme toute procédure interventionnelle, des complications plus rares peuvent exister et sont expliquées avant l’intervention.

Comparer sans opposer : cryochirurgie, embolisation et traitements hormonaux

La cryochirurgie se distingue des autres approches par son mode d’action.

  • Les traitements hormonaux cherchent à limiter la stimulation de l’adénomyose au cours du cycle menstruel.
  • L’embolisation agit sur l’apport sanguin de la zone atteinte.
  • La cryochirurgie, quant à elle, cible directement le foyer d’adénomyose afin de le détruire localement.

Ces différentes stratégies répondent à des situations différentes et peuvent être discutées en fonction des caractéristiques de la maladie.

Pourquoi l’expertise IRMI change tout

La réussite du traitement repose en grande partie sur la capacité à définir précisément les limites de la lésion avant l’intervention.

L’analyse de l’IRM permet de déterminer sa taille, sa profondeur et ses rapports avec les structures voisines. Le positionnement des sondes et le contrôle du glaçon thérapeutique nécessitent ensuite une expertise spécifique afin de traiter efficacement la zone concernée.

Cette précision joue un rôle essentiel dans la qualité du résultat obtenu.

Références

  • Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). Recommandations pour la pratique clinique : L’adénomyose. J Gynecol Obstet Biol Reprod. 2018;47(9):789-804.

  • Kurbatov D, Lepeshkov S, Sysoeva L. Thermal and cryo-ablation procedures in localized adenomyosis: procedural technique and mid-term results. J Vasc Interv Radiol. 2021;32(6):842-850.

  • Cazzato RL, Garnon J, Ramamurthy N, Koch G, Tsoumakidou G, Caudrelier J, et al. Percutaneous image-guided cryoablation of soft tissue lesions: a review of the literature. Cardiovasc Intervent Radiol. 2016;39(10):1398-1408.

  • Société Française de Radiologie (SFR). Fiches d’information et recommandations sur les techniques d’ablation percutanée en radiologie interventionnelle gynécologique. Paris: SFR; 2022

FAQ

Non. Elle détruit localement la zone atteinte grâce au froid sans retirer l’utérus.

Non. L’amélioration est généralement progressive après l’intervention.

Dans certaines situations, la cryochirurgie peut constituer une alternative à des traitements plus invasifs.

Elle est réalisée sous anesthésie adaptée afin d’assurer le confort de la patiente.

Non. Son indication dépend principalement du caractère focal et accessible de la lésion.