Adénomyose focale

L’adénomyose focale est une forme localisée d’adénomyose qui touche le muscle de l’utérus. Cette affection gynécologique peut être responsable de douleurs pelviennes, de règles abondantes ou de règles particulièrement douloureuses. Grâce aux progrès de l’imagerie médicale, il est aujourd’hui possible d’identifier plus précisément cette atteinte et de mieux comprendre son rôle dans l’apparition des symptômes. À l’IRMI, une évaluation spécialisée permet d’adapter la prise en charge en fonction du profil de chaque patiente.

IRMI en quelques chiffres

20 %
des femmes présenteraient une adénomyose, focale ou diffuse.
85 à 90 %
de réduction des symptômes après embolisation ciblée sur une adénomyose focale.
À retenir

L’adénomyose focale correspond à la présence de tissu endométrial au sein du muscle utérin, localisée à une zone précise plutôt que diffuse à tout l’utérus. Elle peut provoquer des règles douloureuses et abondantes. Le diagnostic repose principalement sur l’IRM pelvienne, et la prise en charge est définie au cas par cas selon les symptômes.

Qu’est-ce que l’adénomyose focale ?

L’adénomyose est une maladie caractérisée par la présence de tissu endométrial à l’intérieur du myomètre, la couche musculaire de l’utérus.

Dans sa forme focale, cette infiltration reste limitée à une zone précise de l’utérus. Elle forme alors une lésion localisée appelée adénomyome. Cette particularité la distingue de l’adénomyose diffuse qui concerne une partie plus importante du muscle utérin.

Cette forme localisée peut parfois modifier la structure du myomètre et entraîner une réaction inflammatoire chronique. Son évolution est variable d’une femme à l’autre et dépend notamment de facteurs hormonaux.

Pourquoi l’adénomyose focale provoque-t-elle des symptômes ?

Le tissu présent dans le myomètre continue de réagir aux variations hormonales du cycle menstruel.

À chaque cycle, cette activité entraîne des modifications locales qui peuvent provoquer une inflammation du muscle utérin. Avec le temps, cette réaction peut favoriser l’apparition de douleurs et de saignements plus importants pendant les règles.

L’impact de la maladie dépend toutefois de plusieurs facteurs, notamment de la localisation de la lésion, de sa taille et de la sensibilité propre à chaque patiente. C’est pourquoi deux femmes présentant une atteinte similaire peuvent avoir des symptômes très différents.

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Quelles sont les causes de l’adénomyose focale ?

Les mécanismes exacts à l’origine de l’adénomyose focale ne sont pas encore totalement élucidés.

Les spécialistes considèrent qu’il s’agit probablement d’une migration progressive de cellules endométriales dans le muscle utérin. Plusieurs facteurs semblent favoriser ce phénomène.

Les variations hormonales, en particulier l’action des œstrogènes, jouent un rôle important. Certains antécédents gynécologiques, comme une césarienne ou un curetage, sont également associés à un risque plus élevé.

L’adénomyose est le plus souvent diagnostiquée entre 30 et 50 ans, mais elle peut être observée à d’autres périodes de la vie.

Quels sont les symptômes de l’adénomyose focale ?

Les symptômes varient considérablement d’une patiente à l’autre.

Les règles abondantes constituent l’un des signes les plus fréquents. Elles peuvent s’accompagner de douleurs menstruelles importantes qui apparaissent progressivement ou s’intensifient au fil des années.

Certaines femmes présentent également des douleurs pelviennes en dehors des règles, parfois associées à une sensation de pression ou de pesanteur dans le bas-ventre.

Dans certains cas, l’adénomyose focale est découverte lors d’un bilan réalisé pour explorer des difficultés à concevoir ou pour rechercher une autre pathologie gynécologique. À l’inverse, certaines patientes ne présentent aucun symptôme et le diagnostic est posé de manière fortuite lors d’un examen d’imagerie.

Pourquoi le diagnostic est-il parfois difficile ?

Le diagnostic peut être complexe car les symptômes de l’adénomyose focale ne sont pas spécifiques.

Les douleurs pelviennes et les règles abondantes peuvent également être observées en présence de fibromes, d’endométriose ou d’autres affections gynécologiques. Par ailleurs, une lésion focale peut parfois présenter un aspect proche de celui d’un fibrome sur certains examens.

Enfin, l’intensité des symptômes n’est pas toujours proportionnelle à la taille de la lésion. Cette absence de corrélation rend parfois l’interprétation clinique plus difficile et nécessite une analyse globale de la situation.

Comment le diagnostic est-il posé ?

Le diagnostic repose sur l’association des symptômes, de l’examen clinique et des résultats de l’imagerie.

L’interrogatoire

La consultation permet de préciser la nature des douleurs, l’abondance des règles, leur évolution dans le temps ainsi que leur impact sur la qualité de vie.

Ces informations orientent déjà fortement le diagnostic et permettent de déterminer les examens les plus adaptés.

L’examen clinique

L’examen gynécologique permet d’évaluer l’utérus et de rechercher d’éventuelles anomalies associées.

Même s’il ne permet pas de confirmer à lui seul une adénomyose focale, il contribue à l’évaluation globale de la patiente.

Le rôle de l’imagerie

L’échographie pelvienne constitue généralement le premier examen réalisé.

L’IRM pelvienne est ensuite l’examen de référence pour analyser le myomètre avec précision. Elle permet de localiser la lésion, d’étudier ses caractéristiques et de la distinguer d’autres pathologies utérines comme les fibromes.

Cette analyse détaillée est essentielle pour adapter la prise en charge à chaque situation.

Ce que recherche le médecin

L’objectif n’est pas seulement d’identifier une anomalie au sein de l’utérus.

L’analyse vise également à comprendre si la lésion observée est susceptible d’expliquer les symptômes présentés par la patiente. La localisation, le volume de l’atteinte et son retentissement sur les structures voisines sont notamment pris en compte.

Ces éléments permettent d’évaluer l’impact réel de la maladie et d’orienter les décisions thérapeutiques.

Comment traiter l’adénomyose focale ?

Le traitement dépend principalement de l’intensité des symptômes, de leur impact sur la qualité de vie et des projets de la patiente. Certaines formes peu symptomatiques peuvent simplement être surveillées, tandis que d’autres nécessitent une prise en charge plus active.

Lorsque les douleurs ou les saignements persistent malgré les traitements médicaux, des techniques mini-invasives peuvent être envisagées. Parmi les solutions proposées à l’Institut de Radiologie et Médecine Interventionnelle :

  • L’embolisation de l’adénomyose permet de réduire progressivement la vascularisation de la zone atteinte afin de diminuer les symptômes.
  • La cryochirurgie de l’adénomyose peut également être discutée afin de traiter directement la lésion.

Le choix du traitement repose toujours sur une évaluation spécialisée tenant compte des symptômes, de l’imagerie et des attentes de la patiente.

L’approche IRMI

À l’Institut de Radiologie et Médecine Interventionnelle, l’évaluation de l’adénomyose focale repose sur une analyse associant expertise clinique et imagerie spécialisée.

Cette approche permet de caractériser précisément la lésion, d’évaluer son rôle dans les symptômes présentés et d’orienter chaque patiente vers la stratégie thérapeutique la plus adaptée à sa situation.

Références

  • Manuel MSD. Adénomyose utérine. Kenilworth (NJ): Merck & Co., Inc.;

  • Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). Recommandations pour la pratique clinique : L’adénomyose. J Gynecol Obstet Biol Reprod. 2018;47(9):789-804.

  • Bazot M, Daraï E. Diagnosis of adenomyosis: ultrasound and magnetic resonance imaging indicators. Best Pract Res Clin Obstet Gynaecol. 2018;51:29-37.

  • De Bruijn AM, Smink M, Lohle PN, Huirne JA, Twisk JW, Bipat S, et al. Uterine artery embolization versus hysterectomy in the treatment of adenomyosis: a systematic review and meta-analysis. J Vasc Interv Radiol. 2020;31(4):628-636.

FAQ

Non. L’adénomyose focale est une pathologie bénigne de l’utérus.

Le fibrome est une tumeur bénigne du muscle utérin alors que l’adénomyose correspond à la présence de tissu endométrial dans le myomètre.

Oui. Certaines patientes ne présentent aucun symptôme et le diagnostic est découvert lors d’un examen réalisé pour une autre raison.

Elle n’est pas systématique mais reste souvent l’examen le plus performant pour confirmer le diagnostic et caractériser précisément la lésion.

Selon sa localisation et son importance, elle peut parfois être associée à des difficultés de conception, ce qui nécessite une évaluation spécialisée.

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