Traitement de la tendinite chronique de l’épaule par PRP

La tendinite chronique de l’épaule, le plus souvent liée aux tendons de la coiffe des rotateurs, peut entraîner des douleurs persistantes, une gêne lors des mouvements et une limitation fonctionnelle parfois importante. Lorsque les traitements conservateurs deviennent insuffisants et que les douleurs persistent malgré la rééducation et les traitements habituels, certaines techniques ciblées peuvent être envisagées. Parmi elles, les injections de PRP constituent une approche mini-invasive utilisant les propres cellules du patient afin de stimuler certains mécanismes biologiques locaux.

En résumé

01

Durée de l’intervention

30 minutes

02

Hospitalisation

Ambulatoire

03

Anesthésie

Locale

IRMI en quelques chiffres

70 %
d'amélioration rapportée après injections de PRP pour une tendinite chronique de l'épaule.
3
injections habituellement recommandées par cure.
À retenir

Le PRP est un traitement mini-invasif utilisant le sang du patient lui-même. Il consiste à injecter un concentré de plaquettes – le Plasma Riche en Plaquettes – dans le tendon douloureux, afin d’agir sur certains mécanismes biologiques de réparation. Il est proposé au cas par cas après évaluation spécialisée et nécessite une expertise en médecine interventionnelle et en imagerie.

Le principe : utiliser les ressources biologiques du patient

Les plaquettes jouent un rôle important dans les phénomènes de réparation des tissus : elles contiennent des facteurs biologiques impliqués dans la cicatrisation (facteurs de croissance stimulant la production de collagène et la prolifération cellulaire au sein du tendon).

Le traitement consiste à concentrer les plaquettes du patient, puis à les injecter directement dans la zone tendineuse douloureuse. Le geste débute par une simple prise de sang. Le sang est ensuite centrifugé afin d’isoler le plasma riche en plaquettes, qui est injecté directement dans les tendons atteints. L’objectif est de stimuler certains mécanismes biologiques locaux de réparation, particulièrement utiles dans les tendinopathies chroniques où la cicatrisation naturelle s’est enlisée.

Accédez à un avis expert

Vous souhaitez un avis médical ou vous orienter vers une solution non chirurgicale ?

Soumettez votre dossier à nos médecins référents via notre formulaire en seulement quelques clics. Nos équipes reviendront vers vous dans les meilleurs délais pour évoquer une éventuelle prise en charge.

À quels patients s’adresse cette approche ?

Le PRP ne concerne pas toutes les douleurs de l’épaule. Il s’adresse à des patients présentant :

  • une tendinite chronique de l’épaule
  • des douleurs persistantes malgré les traitements conservateurs
  • une gêne fonctionnelle importante
  • une limitation des mouvements
  • une atteinte chronique des tendons de la coiffe des rotateurs, généralement sans rupture transfixiante nécessitant une réparation chirurgicale

Les patients décrivent souvent une douleur lors du lever du bras ou des mouvements répétitifs.

Tous les patients ne sont pas éligibles : l’indication dépend de l’état des tendons à l’imagerie, de l’ancienneté des symptômes et du contexte clinique global. La décision est prise après une évaluation spécialisée.

Avant le traitement : une étape essentielle

Une évaluation préalable est indispensable. Elle repose sur l’analyse des symptômes, l’examen clinique et l’imagerie, et permet de :

  • confirmer l’origine tendineuse de la douleur
  • évaluer l’état des tendons de la coiffe des rotateurs
  • rechercher d’éventuelles lésions associées (rupture partielle, conflit sous-acromial)
  • s’assurer que le PRP est adapté à la situation

Une mauvaise indication peut limiter l’efficacité du traitement.

Déroulement du traitement par PRP

L’intervention est réalisée en consultation spécialisée ou en radiologie interventionnelle :

  1. Une prise de sang est réalisée avant le geste.
  2. Le sang est centrifugé afin d’obtenir le concentré de PRP.
  3. Une aiguille fine est introduite dans la zone tendineuse ciblée, sous guidage échographique.
  4. Le PRP est injecté directement dans le tendon douloureux.
  5. Un pansement simple est posé ; aucune chirurgie ouverte n’est nécessaire.

Le geste se déroule généralement sous anesthésie locale ou sans anesthésie selon la sensibilité du patient. La durée et les modalités varient selon chaque patient.

Le rôle central de l’imagerie dans le traitement

L’imagerie permet de guider les injections avec précision. Le PRP est généralement réalisé sous guidage échographique, qui permet de visualiser les tendons en temps réel et de cibler précisément les zones pathologiques (le plus souvent au niveau du tendon supra-épineux). Cette précision participe à la fois à la sécurité du geste et à son efficacité.

Résultats : ce qu’il faut réellement attendre

Les résultats du PRP dans la tendinopathie de la coiffe des rotateurs ont fait l’objet de nombreux essais randomisés, avec des conclusions qui ont évolué dans le temps. Les méta-analyses les plus récentes, regroupant une trentaine d’essais randomisés et environ 2 500 patients, montrent une réduction significative de la douleur et une amélioration fonctionnelle à court terme, comparé à un placebo ou à des corticoïdes. Des méta-analyses antérieures, portant sur un nombre plus restreint d’essais, avaient donné des résultats plus contrastés à court terme, tout en confirmant un bénéfice significatif sur la douleur au-delà de 6 mois. En revanche, sur le très long terme (au-delà de 12 mois), le bénéfice par rapport à un placebo devient plus incertain selon les études.

Dans de nombreux cas, les injections de PRP permettent :

  • une diminution des douleurs
  • une amélioration de la fonction de l’épaule
  • une reprise plus confortable des activités
  • une amélioration de la qualité de vie

Les effets sont généralement progressifs, se développant sur plusieurs semaines à quelques mois, cohérent avec le mécanisme biologique de réparation tissulaire. Une rééducation adaptée reste souvent importante après le traitement pour optimiser et pérenniser les résultats. Un suivi est indispensable pour évaluer l’évolution.

Effets secondaires : ce qu’il faut savoir sans dramatiser

Comme toute procédure, les injections de PRP comportent des risques, généralement limités car il s’agit d’un produit autologue (issu du patient lui-même, sans risque de rejet ou de réaction allergique) :

  • des douleurs transitoires après l’injection
  • une irritation locale
  • une gêne temporaire
  • de manière rare, des complications liées à la procédure

Le risque dépend du terrain du patient et de la précision du geste. Une information claire est délivrée avant toute intervention.

PRP VS autres traitements

Le PRP ne remplace pas toutes les autres approches : il s’intègre dans une stratégie globale de prise en charge de la tendinite chronique de l’épaule. La kinésithérapie, les traitements antalgiques, les infiltrations, l’embolisation ou d’autres traitements interventionnels peuvent également être proposés selon les situations. Ces approches sont complémentaires : le PRP vise à stimuler la réparation biologique du tendon, tandis que l’embolisation vise à réduire l’hypervascularisation inflammatoire environnante. Le choix repose sur une analyse personnalisée du mécanisme dominant chez chaque patient.

Pourquoi l’expertise change tout

Les injections de PRP dans la tendinite chronique de l’épaule nécessitent une expertise spécialisée, reposant sur :

  • une analyse précise des tendons à l’imagerie, pour confirmer l’indication
  • une sélection rigoureuse des patients, notamment sur l’ancienneté et la sévérité de la tendinopathie
  • un ciblage précis des zones tendineuses atteintes sous guidage échographique
  • une prise en charge globale, articulée avec la rééducation

Chez IRMI, cette expertise s’appuie sur une continuité rare entre diagnostic et traitement, réalisés par la même équipe spécialisée ; un gage de précision et de pertinence de l’indication.

Références

FAQ

Le geste est généralement bien toléré, même si une gêne transitoire peut apparaître après l’injection.

Non. Les effets apparaissent progressivement, sur plusieurs semaines, cohérent avec le mécanisme biologique de réparation du tendon.

Cela dépend de chaque situation clinique. Certains protocoles utilisent une injection unique, d’autres plusieurs injections espacées de quelques semaines.

Une reprise progressive est généralement recommandée selon l’évolution clinique, en association avec un programme de rééducation.

En savoir plus