Traitement de l’arthrose du genou par radiofréquence
L’arthrose du genou correspond à une usure progressive du cartilage, responsable de douleurs mécaniques, de raideur et d’une limitation fonctionnelle. Dans certains cas, la douleur persiste malgré les traitements habituels. Les symptômes peuvent être en décalage avec l’imagerie, ce qui rend une analyse globale essentielle. Dans ce contexte, la sélection des patients repose sur une évaluation spécialisée, au cas par cas.
En résumé
IRMI en quelques chiffres
La radiofréquence est une technique mini-invasive qui consiste à appliquer une énergie thermique contrôlée sur des nerfs ciblés ; les nerfs géniculés, principales branches sensitives du genou. Elle agit en modifiant la transmission du signal douloureux. L’objectif est de diminuer la douleur de manière localisée.
Le principe : agir sur la douleur plutôt que sur le cartilage
Dans l’arthrose du genou, la douleur ne dépend pas uniquement de l’usure du cartilage. Elle est liée à l’ensemble des structures de l’articulation, notamment aux nerfs géniculés (nerfs géniculés supéro-médial, supéro-latéral et inféro-médial principalement), qui transmettent le signal douloureux.
La radiofréquence consiste à agir directement sur ces nerfs. Le traitement consiste à appliquer une chaleur contrôlée afin de diminuer la transmission du signal douloureux. Ce mécanisme permet de soulager la douleur sans intervenir directement sur le cartilage.
Chez certains patients, une arthrose avancée à l’imagerie peut être peu douloureuse ; à l’inverse, une atteinte modérée peut entraîner des douleurs importantes. Ce contraste souligne l’importance d’une approche individualisée.
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À quels patients s’adresse cette approche ?
La radiofréquence ne concerne pas toutes les douleurs du genou. Elle s’adresse à des patients présentant :
- une arthrose du genou douloureuse
- une douleur persistante malgré les traitements classiques
- un retentissement sur la qualité de vie
- une contre-indication ou un refus de chirurgie (prothèse notamment)
Les patients décrivent souvent une douleur mécanique, aggravée à la marche ou lors des efforts.
Tous les patients ne sont pas éligibles : l’indication dépend du mécanisme de la douleur et du contexte clinique global. Un bloc-test diagnostique des nerfs géniculés, réalisé avant la radiofréquence, est associé à de meilleurs résultats : il permet de confirmer que le nerf ciblé est bien responsable de la douleur avant de proposer le traitement. La décision est prise après une évaluation spécialisée.
Avant le traitement : une étape clé souvent sous-estimée
Une évaluation préalable est indispensable. Le diagnostic repose sur l’analyse des symptômes et de l’imagerie. Dans certains cas, un test diagnostique (bloc-test) peut être réalisé pour confirmer l’origine de la douleur. Cette étape permet de s’assurer que la douleur est bien liée aux structures ciblées. Une mauvaise sélection des patients peut limiter l’efficacité du traitement.
Déroulement de la radiofréquence à l’IRMI
L’intervention est réalisée en radiologie interventionnelle. Une aiguille fine est introduite au niveau des nerfs du genou sous guidage par imagerie. Un courant de radiofréquence est ensuite appliqué : ce courant produit une chaleur contrôlée qui modifie la conduction nerveuse.
L’intervention est réalisée sans chirurgie ouverte, généralement sous anesthésie locale. Elle ne nécessite pas d’incision et se déroule en ambulatoire. La durée et les modalités varient selon chaque patient.
Une technique de précision : le rôle central de l’imagerie
L’imagerie permet de guider le geste avec précision. La radiofréquence est réalisée sous contrôle radiologique ou échographique, ce qui permet de localiser les nerfs responsables de la douleur. L’aiguille est positionnée au contact de ces nerfs sous visualisation. L’imagerie permet d’adapter le geste et d’assurer la sécurité de la procédure.
Résultats : ce qu’il faut réellement attendre
La radiofréquence des nerfs géniculés dans l’arthrose du genou est l’une des techniques mini-invasives les plus étudiées, avec de nombreux essais randomisés contrôlés, y compris contre un geste placebo (« sham »).
Dans un essai multicentrique comparant la radiofréquence refroidie à une injection unique d’acide hyaluronique, 71 % des patients traités par radiofréquence ont rapporté une réduction de plus de 50 % de leur douleur à 6 mois, contre 38 % dans le groupe injection. Un bénéfice qui s’est maintenu jusqu’à 24 mois de suivi dans l’étude d’extension.
Dans de nombreux cas, la radiofréquence permet :
- une diminution de la douleur
- une amélioration de la mobilité
- une reprise des activités
Les patients décrivent souvent une amélioration progressive. L’effet peut apparaître dans les semaines suivant le traitement. Un suivi est nécessaire pour évaluer la réponse.
Effets secondaires : ce qu’il faut savoir sans dramatiser
Comme toute procédure, la radiofréquence comporte des risques. Ils peuvent inclure :
- des douleurs transitoires
- une modification de la sensibilité
- de manière rare, des complications
Le risque dépend du terrain du patient et de la précision du geste. Une information claire est délivrée avant toute intervention.
Radiofréquence et autres traitements
La radiofréquence ne remplace pas les traitements classiques. Elle s’intègre dans une stratégie globale.
Les traitements médicamenteux, la rééducation ou les injections (corticoïdes, viscosupplémentation) restent souvent proposés en première intention. La radiofréquence peut être envisagée en cas de douleur persistante, avec des résultats supérieurs à une injection d’acide hyaluronique selon les essais disponibles. Le choix repose sur une analyse personnalisée.
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Pourquoi l’expertise change tout
La radiofréquence est une technique spécialisée. Elle nécessite une expertise en radiologie interventionnelle. Elle repose sur une analyse fine du mécanisme de la douleur et une interprétation précise de l’imagerie. L’expertise permet d’adapter le traitement et d’optimiser les résultats.
Références
- Haute Autorité de Santé (HAS) — Prise en charge de l’arthrose
- Société Française de Rhumatologie (SFR).
- Tan, J. Y., Greene, M., Blat, C., Albers, A., Grochowski, J., Jon Oskarsson, J., Shiels, M., Hsue, P., Havlir, D., Gandhi, M., & Myers, J. (2022). Examining the impact of the Golden Compass clinical care program for older people with HIV: A qualitative study. AIDS and Behavior, 26(5), 1562–1571.
FAQ
Non, elle agit sur la douleur mais ne répare pas le cartilage
Elle est généralement bien tolérée et réalisée sous anesthésie locale.
La durée varie selon les patients.
Dans certains cas, cela peut être envisagé selon la situation.
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