Traitement de l’adénome de la prostate par embolisation

L’embolisation prostatique est un traitement mini-invasif proposé à l’Institut de Radiologie et de Médecine Interventionnelle pour réduire le volume d’un adénome de la prostate responsable de troubles urinaires, grâce à une technique guidée par imagerie sans chirurgie ouverte.

En résumé

01

Durée de l’intervention

75 minutes

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Hospitalisation

Ambulatoire

03

Anesthésie

Locale

IRMI en quelques chiffres

x2
l'embolisation prostatique améliore le score urinaire deux fois plus qu'un traitement médicamenteux seul, selon l'essai français PARTEM.
< 1 jour
c'est la durée d'hospitalisation habituelle après une embolisation prostatique, réalisée par voie artérielle.
À retenir

L’embolisation prostatique est un traitement mini-invasif de l’hypertrophie bénigne de la prostate, réalisé sous guidage par imagerie par un radiologue interventionnel. Elle consiste à réduire l’apport sanguin vers la prostate afin d’en diminuer le volume, sans chirurgie ni hospitalisation prolongée. Elle peut être envisagée, au cas par cas, lorsque les traitements médicamenteux sont insuffisants ou mal tolérés.

Qu’est-ce que l’embolisation prostatique ?

L’embolisation prostatique est une technique mini-invasive utilisée dans le traitement de certains adénomes de la prostate.

Le principe consiste à réduire progressivement le volume prostatique en bloquant de manière ciblée les artères qui alimentent la glande. En diminuant l’apport sanguin, la prostate perd progressivement en volume, ce qui permet de limiter la compression exercée sur l’urètre.
Contrairement à une chirurgie classique, la prostate n’est pas retirée. Le traitement agit indirectement sur son fonctionnement vasculaire afin d’améliorer les symptômes urinaires.

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Comment cette approche agit sur les symptômes urinaires ?

Dans l’hypertrophie bénigne de la prostate, les troubles urinaires ne dépendent pas uniquement de la taille de la glande.

La vascularisation prostatique, la pression exercée sur l’urètre et les conséquences sur la vessie jouent également un rôle important dans les symptômes ressentis au quotidien.

En réduisant progressivement l’activité vasculaire de la prostate, l’embolisation permet de diminuer la compression urinaire et d’améliorer certains troubles comme :

  • les levers nocturnes,
  • la faiblesse du jet urinaire,
  • les envies fréquentes d’uriner,
  • la sensation de vidange incomplète.

L’évolution reste toutefois progressive et variable selon chaque patient.

À quels patients s’adresse l’embolisation prostatique ?

L’embolisation prostatique ne concerne pas toutes les hypertrophies bénignes de la prostate.

Cette technique peut être envisagée chez certains patients présentant :

  • des symptômes urinaires gênants,
  • une gêne persistante malgré les traitements médicaux,
  • une intolérance à certains médicaments,
  • un adénome prostatique volumineux,
  • un retentissement important sur la qualité de vie.

L’analyse repose sur plusieurs éléments :

  • les symptômes,
  • le volume prostatique,
  • l’imagerie,
  • l’état général du patient,
  • les antécédents médicaux.

Une évaluation spécialisée est indispensable afin de confirmer l’indication du traitement.

Comment se déroule l’embolisation prostatique ?

L’intervention est réalisée dans une salle de radiologie interventionnelle sous anesthésie locale.

Après une ponction artérielle, généralement au niveau de l’aine ou du poignet, un cathéter est guidé jusqu’aux artères prostatiques. Des microparticules sont ensuite injectées afin de ralentir puis bloquer l’apport sanguin de la glande prostatique.

L’intervention dure habituellement entre une et deux heures selon l’anatomie vasculaire et la complexité du geste.

Dans la majorité des cas, aucune chirurgie ouverte ni cicatrice importante ne sont nécessaires.

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Une technique guidée par imagerie de haute précision

L’embolisation prostatique repose entièrement sur le guidage radiologique en temps réel.

Le radiologue interventionnel navigue à l’intérieur des artères à l’aide de microcathéters extrêmement fins afin d’atteindre les vaisseaux qui alimentent la prostate.

Cette approche permet :

  • de traiter les artères ciblées avec précision,
  • d’adapter le geste à l’anatomie de chaque patient,
  • de préserver les structures voisines,
  • de limiter le caractère invasif du traitement.

L’imagerie joue donc un rôle central tout au long de la procédure.

Pourquoi le bilan avant traitement est essentiel ?

Avant toute embolisation, une analyse complète est réalisée afin de vérifier que les symptômes sont bien liés à l’adénome prostatique.

Cette évaluation peut comprendre :

  • un bilan clinique,
  • une analyse des symptômes urinaires,
  • une échographie ou une IRM,
  • l’étude du volume prostatique,
  • l’analyse de la vascularisation.

Cette étape permet également de rechercher d’éventuelles contre-indications et d’adapter la stratégie thérapeutique à chaque patient.

Après l’embolisation : quand observe-t-on les résultats ?

L’amélioration des symptômes urinaires apparaît généralement de manière progressive après le traitement.

Au fil des semaines, certains patients décrivent :

  • une diminution des levers nocturnes,
  • un jet urinaire plus confortable,
  • une réduction des envies fréquentes,
  • une amélioration de la qualité de vie.

La réduction du volume prostatique se fait progressivement et varie selon chaque situation clinique.

Le suivi repose ensuite sur une surveillance adaptée associant évaluation clinique et imagerie.

Suites de l’intervention et effets secondaires possibles

Après l’embolisation, une gêne pelvienne modérée ou des troubles urinaires transitoires peuvent apparaître pendant quelques jours.

Certains patients décrivent également :

  • une sensation d’inconfort pelvien,
  • une fatigue temporaire,
  • des brûlures urinaires modérées,
  • une irritation passagère des voies urinaires.

Ces manifestations sont généralement temporaires et régressent progressivement avec le traitement prescrit après l’intervention.

Comme toute procédure vasculaire, des complications plus rares peuvent exister, justifiant un suivi spécialisé.

Embolisation ou chirurgie : quelles différences ?

L’embolisation prostatique et la chirurgie répondent à des approches différentes du traitement de l’adénome prostatique.

La chirurgie agit directement sur le tissu prostatique en retirant une partie de la glande, tandis que l’embolisation agit sur sa vascularisation afin de réduire progressivement son volume.

Selon le profil du patient, l’anatomie prostatique et les objectifs thérapeutiques, l’une ou l’autre de ces approches peut être privilégiée.

Le choix repose toujours sur une analyse individualisée.

Pourquoi l’expertise en radiologie interventionnelle est déterminante

L’embolisation prostatique nécessite une parfaite maîtrise de l’anatomie vasculaire pelvienne et des techniques de microcathétérisme.

L’analyse préopératoire de l’imagerie permet d’identifier précisément les artères prostatiques et d’anticiper les variations anatomiques propres à chaque patient.

Cette expertise contribue à sécuriser le geste, adapter le traitement et optimiser les résultats fonctionnels.

Références :

  • Association Française d’Urologie (AFU). Recommandations du comité d’urologie de l’AFU concernant la prise en charge de l’hypertrophie bénigne de la prostate par embolisation des artères prostatiques. Prog Urol. 2021;31(4):185-195.
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Évaluation de l’embolisation des artères prostatiques dans le traitement de l’hypertrophie bénigne de la prostate. Saint-Denis La Plaine: HAS; 2020.
  • Carnevale FC, Iscaife A, Yoshinaga EM, da Motta Leal Filho JM, Antunes AA, Srougi M. Transurethral resection of the prostate (TURP) versus prostatic artery embolization (PAE) in the treatment of benign prostatic hyperplasia: a randomized, open-label, noninferiority trial. BJU Int. 2016;117(1):179-186.
  • Ray AF, Powell J, Speakman MJ, Longford NT, Dasgupta P, Bryant T, et al. Efficacy and safety of prostate artery embolization (PAE) for benign prostatic hyperplasia (BPH): a systematic review and meta-analysis. BJU Int. 2018;122(2):270-282.

FAQ

L’intervention est généralement réalisée sous anesthésie locale et reste le plus souvent bien tolérée.

Les résultats apparaissent progressivement au cours des semaines suivant le traitement.

Dans certaines situations, oui. Cette technique peut représenter une alternative mini-invasive adaptée à certains patients.

Une hospitalisation courte ou une prise en charge ambulatoire peut être envisagée selon les cas.

Non. Une évaluation spécialisée est nécessaire afin de confirmer l’indication.