Varices pelviennes

Les varices pelviennes, également appelées syndrome de congestion pelvienne, correspondent à une dilatation anormale des veines situées dans le bassin. Cette maladie veineuse chronique peut provoquer des douleurs pelviennes persistantes souvent difficiles à identifier pendant plusieurs années. Dans de nombreux cas, les examens classiques peuvent sembler rassurants alors que l’origine veineuse des symptômes n’a pas encore été recherchée. À l’Institut de Radiologie et de Médecine Interventionnelle, le diagnostic repose sur une analyse spécialisée du réseau veineux pelvien et sur l’imagerie vasculaire dynamique.

IRMI en quelques chiffres

30 %
des femmes souffrant de douleurs pelviennes chroniques présentent un syndrome de congestion pelvienne.
80 à 90 %
de soulagement durable de la douleur pelvienne après embolisation veineuse ciblée.
À retenir

Le syndrome de congestion pelvienne correspond à une dilatation des veines du pelvis, à l’origine de douleurs pelviennes chroniques, souvent aggravées en fin de journée ou après une station debout prolongée. Il touche principalement les femmes ayant eu plusieurs grossesses. Le diagnostic repose sur l’imagerie, et la prise en charge est adaptée au cas par cas selon le retentissement des douleurs.

Qu’est-ce que le syndrome de congestion pelvienne ?

Le syndrome de congestion pelvienne est une maladie du retour veineux qui affecte les veines du bassin.

Dans une circulation normale, les veines ramènent le sang vers le cœur grâce à un système de valves empêchant son reflux. Lorsque ces valves deviennent insuffisantes ou lorsque certaines veines sont comprimées, le sang circule moins efficacement et s’accumule progressivement dans le pelvis. Cette accumulation provoque une dilatation des veines pelviennes, comparable aux varices observées au niveau des jambes. Avec le temps, cette surcharge veineuse peut devenir responsable de douleurs et d’une sensation de lourdeur dans le bassin.

Pourquoi certaines femmes développent-elles des varices pelviennes ?

Les grossesses jouent un rôle central dans l’apparition de cette maladie.

Pendant la grossesse, l’augmentation du volume sanguin et les modifications hormonales favorisent la dilatation des veines. Chez certaines femmes, ces veines ne retrouvent pas complètement leur calibre initial après l’accouchement.

D’autres facteurs peuvent également intervenir, notamment certaines prédispositions veineuses familiales ou des particularités anatomiques qui perturbent le drainage du sang dans le bassin.

Dans certains cas, une compression de grandes veines abdominales peut également favoriser l’apparition d’un reflux veineux pelvien.

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Quels sont les symptômes des varices pelviennes ?

La manifestation la plus fréquente est une douleur chronique du bas-ventre évoluant depuis plusieurs mois, voire plusieurs années. Cette douleur est souvent décrite comme une sensation de pesanteur ou de pression dans le bassin. Elle augmente généralement après une longue période debout, lors d’efforts physiques ou en fin de journée.

Certaines patientes remarquent également une aggravation des symptômes pendant les règles ou après les rapports sexuels.

Lorsque la maladie est plus avancée, des varices peuvent apparaître au niveau de la vulve, du périnée ou de la partie supérieure des cuisses.

L’intensité des symptômes varie fortement d’une patiente à l’autre. Certaines femmes présentent des douleurs importantes malgré des anomalies veineuses limitées, tandis que d’autres restent peu symptomatiques malgré des varices volumineuses.

Pourquoi le diagnostic est-il souvent retardé ?

Le syndrome touche principalement les femmes, en particulier après plusieurs grossesses, mais peut parfois être méconnu car les symptômes sont variables et peu spécifiques. Certaines patientes décrivent des douleurs diffuses du bas-ventre, une sensation de pesanteur pelvienne ou des douleurs augmentant en fin de journée pouvant évoquer d’autres maladies fréquentes du bassin.

Les douleurs peuvent évoquer :

  • une endométriose,
  • certaines pathologies gynécologiques,
  • des troubles digestifs
  • ou encore des douleurs musculo-squelettiques.

Il n’est donc pas rare que plusieurs explorations soient réalisées avant d’envisager une origine veineuse. Cette situation explique pourquoi de nombreuses patientes consultent plusieurs spécialistes avant que le diagnostic soit finalement posé.

Comment le diagnostic est-il posé ?

Le diagnostic repose sur la confrontation entre les symptômes décrits par la patiente et les résultats de l’imagerie.

L’interrogatoire

L’analyse clinique s’intéresse à l’ancienneté des douleurs, à leur évolution au cours de la journée, à leur lien avec les grossesses et à leur retentissement sur la vie quotidienne.

Certains profils symptomatiques sont particulièrement évocateurs d’une congestion veineuse pelvienne.

L’examen clinique

L’examen permet notamment de rechercher des varices visibles ou des signes orientant vers une autre pathologie pelvienne.

Bien qu’il soit important, il peut parfois rester peu contributif lorsque les varices sont situées profondément dans le bassin.

Le rôle de l’imagerie

L’imagerie permet d’étudier directement le réseau veineux pelvien.

L’échographie Doppler constitue souvent le premier examen réalisé. Elle peut être complétée par une IRM pelvienne, un scanner veineux ou une phlébographie selon les situations.

Ces examens permettent d’identifier un reflux sanguin, de mesurer la dilatation des veines et de rechercher une éventuelle compression veineuse associée.

Ce que recherche le médecin

Le diagnostic ne repose pas uniquement sur la présence de veines dilatées.

L’analyse vise avant tout à déterminer si les anomalies observées expliquent réellement les symptômes ressentis. L’étude du reflux veineux, de l’anatomie du réseau pelvien et du retentissement clinique permet d’établir ce lien.

Cette étape est essentielle car toutes les varices pelviennes ne nécessitent pas de traitement.

Comment traiter les varices pelviennes ?

La prise en charge dépend principalement de l’intensité des symptômes et des anomalies identifiées lors du bilan.

Lorsque les douleurs restent modérées, une surveillance ou certains traitements médicaux peuvent être proposés.

Lorsque les varices pelviennes deviennent responsables de douleurs chroniques ou d’une gêne importante au quotidien, plusieurs solutions peuvent être envisagées afin de traiter les anomalies veineuses à l’origine de la congestion pelvienne.

Parmi les traitements proposés, l’embolisation veineuse pelvienne permet d’interrompre le reflux sanguin dans les veines responsables de la congestion et de réduire progressivement les symptômes.

Dans certaines situations, notamment lorsque certaines varices restent accessibles ou présentent des caractéristiques particulières, une ponction veineuse directe peut également être réalisée afin de traiter de manière ciblée les veines pathologiques.

Ces techniques mini-invasives sont réalisées sous guidage par imagerie et visent à restaurer un drainage veineux plus efficace au niveau du bassin. Le choix du traitement est toujours adapté à l’anatomie veineuse et à la situation de chaque patiente.

Douleurs pelviennes : les conseils du Dr Hakime en vidéo

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L’approche IRMI

À l’Institut de Radiologie et Médecine Interventionnelle, l’évaluation des douleurs pelviennes d’origine veineuse repose sur une expertise dédiée aux maladies du réseau veineux pelvien.

L’analyse associe les données cliniques et l’imagerie spécialisée afin d’identifier précisément les mécanismes responsables des symptômes. Cette approche permet d’établir un diagnostic fiable et d’orienter chaque patiente vers la stratégie thérapeutique la plus adaptée.

Références

  • Manuel MSD. Syndrome de congestion pelvienne. Kenilworth (NJ): Merck & Co., Inc.;

  • Société Française d’Imagerie Cardiaque et Vasculaire (SFICV). Traitement endovasculaire des varices pelviennes et du syndrome de congestion pelvienne. Paris: SFICV;

  • Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). Prise en charge des douleurs pelviennes chroniques chez la femme : Recommandations pour la pratique clinique. J Gynecol Obstet Biol Reprod. 2009;38(8 Suppl):S1-S110.

  • Tradi F, Bartoli JM, Helies H, Moulin G, Vidal V. Syndrome de congestion pelvienne et varices pelviennes : diagnostic et prise en charge. EMC – Radiologie et imagerie médicale : cardiovasculaire – thoracique – cervicale. 2017;12(4):1-10.

FAQ

Oui. Elles sont probablement sous-diagnostiquées chez les femmes présentant des douleurs pelviennes chroniques.

La station debout favorise la stagnation du sang dans les veines pelviennes insuffisantes.

Oui. Les grossesses répétées augmentent souvent la pression sur les veines pelviennes.

L’échographie est utile mais peut être complétée par d’autres examens d’imagerie spécialisés.

Oui. Certaines patientes présentent des varices vulvaires ou périnéales associées.

Oui. Certaines patientes peuvent bénéficier d’embolisation veineuse ou d’autres traitements interventionnels.