Embolisation des thyroïdites

L’embolisation n’est pas le traitement habituel d’une thyroïdite. Elle peut toutefois être discutée dans de rares situations sévères, très vascularisées et résistantes aux traitements médicaux, après confirmation précise du diagnostic et concertation avec l’endocrinologue. Réalisée par voie artérielle, sans incision du cou, elle réduit de façon ciblée l’apport sanguin de la glande grâce à un microcathéter. L’objectif peut être de contrôler une hyperthyroïdie menaçante, de réduire un volume gênant ou de préparer une autre stratégie chez un patient à haut risque. À l’IRMI, l’indication reste exceptionnelle et toujours comparée aux traitements médicaux, à la chirurgie et à la surveillance, selon le type exact de thyroïdite.

Embolisation : traitement thyroïdites| IRMI

En résumé

01

prise en charge

Une indication exceptionnelle, posée après bilan complet et concertation ; le geste est réalisé par voie artérielle, sous anesthésie locale avec sédation adaptée.

02

retour à domicile ou hospitalisation courte

Retour le jour même possible chez un patient stable ; une hospitalisation est préférable si l’hyperthyroïdie ou l’état cardiaque le justifient.

03

préservation du cou

Aucune incision ni cicatrice cervicale ; la glande est conservée.

IRMI en quelques chiffres

+ 100
embolisations thyroïdiennes réalisées par le Dr Antoine Hakimé et l'équipe IRMI
1re série française
la plus grande série française à ce jour, présentée aux Journées Francophones de Radiologie 2026
One Day Thyroid
consultation, imagerie, relecture du dossier et décision regroupées sur une journée lorsque la situation le permet
À retenir

L’embolisation n’est pas un traitement de routine des thyroïdites. Elle peut être discutée dans de rares formes sévères, très vascularisées et résistantes aux traitements, notamment certaines hyperthyroïdies induites par l’amiodarone, lorsque la chirurgie est trop risquée.

Le type exact de thyroïdite conditionne toute la stratégie : une thyroïdite infectieuse relève d’abord d’antibiotiques et parfois d’un drainage, une thyroïdite de De Quervain d’anti-inflammatoires. Les données scientifiques spécifiques restent limitées, d’où l’importance d’une décision collégiale et d’un suivi rapproché.

L’importance de l’expertise

La valeur d’un centre expert ne réside pas dans le fait de proposer une embolisation à tous les patients, mais dans sa capacité à reconnaître les rares dossiers où elle peut réellement changer la situation. Une thyroïdite de Hashimoto équilibrée, une thyroïdite subaiguë de De Quervain ou une thyroïdite du post-partum ne justifient pas d’embolisation. À l’inverse, une hyperthyroïdie résistante avec retentissement cardiaque majeur, chez un patient pour qui la chirurgie est trop risquée, peut conduire à une discussion exceptionnelle.

Lorsque le geste est retenu, sa sécurité repose sur une expertise spécifique : les artères thyroïdiennes communiquent avec les territoires carotidiens, vertébraux et laryngés, et une revue systématique récente souligne que le principal risque de la technique est l’embolisation non ciblée. À l’Institut IRMI :

  • Une formation en neuroradiologie interventionnelle : le Dr Antoine Hakimé a suivi le cursus exigeant du DU de neuroradiologie interventionnelle et exerce au sein d’un Stroke Center, ce qui lui assure une pratique régulière de la navigation dans les artères du cou et du cerveau.
  • Une expertise publiée dans les artères cervicales : le Dr Hakimé est auteur et coauteur de travaux consacrés au traitement endovasculaire de lésions carotidiennes complexes, publiés dans The Laryngoscope (2013) et JAMA Otolaryngology–Head & Neck Surgery (2024).
  • La plus grande série française d’embolisations thyroïdiennes, avec plus de 100 patients traités et un recul de 3 ans, et une pratique quotidienne de l’embolisation (plus de 3 000 embolisations prostatiques).
  • Une imagerie tridimensionnelle en salle : l’angiographie, complétée par le cone-beam CT, repère les artères nourricières et les communications dangereuses.
  • Un environnement hospitalier complet, avec une équipe d’anesthésie sur place, indispensable chez des patients souvent fragiles sur le plan cardiaque.
  • Une décision toujours collégiale, associant endocrinologue, cardiologue si nécessaire, chirurgien et radiologue interventionnel.

Qu’est-ce qu’une thyroïdite ?

Le terme thyroïdite regroupe plusieurs maladies inflammatoires de la thyroïde : 

  • auto-immunes (Hashimoto), 
  • post-virales (De Quervain), 
  • silencieuses ou du post-partum, 
  • médicamenteuses (amiodarone, immunothérapies), 
  • infectieuses ou fibreuses. 

Certaines provoquent une libération transitoire d’hormones, parfois suivie d’une phase d’hypothyroïdie ; d’autres conduisent progressivement à une hypothyroïdie durable.

Cette diversité explique pourquoi l’embolisation ne peut jamais être proposée sur le seul mot « thyroïdite ». Le diagnostic repose sur les symptômes, le bilan hormonal, les marqueurs inflammatoires, les anticorps, l’échographie Doppler et, selon le contexte, la scintigraphie ou un prélèvement.

Accédez à un avis expert

Vous avez une thyroïdite sévère, résistante aux traitements, ou une hyperthyroïdie induite par un médicament avec un risque cardiaque important ? Nos médecins peuvent relire votre dossier et vos examens, en lien avec votre endocrinologue, et comparer toutes les options disponibles.

Comment l’embolisation agit-elle ?

Un cathéter est introduit par une artère du poignet ou de l’aine, puis guidé jusqu’aux artères thyroïdiennes. Après cartographie, un microcathéter est placé dans les branches choisies et des particules sont injectées pour réduire l’apport sanguin d’une partie de la glande. Dans une thyroïde très vascularisée, cette dévascularisation diminue la masse de tissu qui produit ou libère les hormones et peut réduire son volume.

L’embolisation ne supprime pas la cause de la thyroïdite, qu’elle soit auto-immune, virale, médicamenteuse ou infectieuse. Elle ne remplace donc ni le traitement de la cause ni le suivi endocrinologique.

Qui peut être concerné par l’embolisation ?

Les situations où elle peut être discutée

La discussion peut être ouverte, de façon exceptionnelle, lorsque plusieurs critères sont réunis :

  • hyperthyroïdie sévère ou menaçante, résistante ou intolérante aux traitements médicaux adaptés ;
  • retentissement cardiaque important, lorsqu’un retour rapide à une fonction thyroïdienne normale est recherché ;
  • thyroïde nettement hypervascularisée, avec des artères cibles identifiables ;
  • chirurgie contre-indiquée, trop risquée ou temporairement impossible ;
  • hyperthyroïdie induite par l’amiodarone exceptionnellement résistante, après évaluation endocrinologique et cardiologique spécialisée ;
  • réduction de la vascularisation avant une autre stratégie, dans un dossier complexe validé collégialement.

Les situations où elle n’est pas indiquée

Situation Prise en charge habituelle Place de l'embolisation
Thyroïdite de Hashimoto stable Surveillance endocrinologique, lévothyroxine en cas d'hypothyroïdie Pas d'indication
Thyroïdite subaiguë de De Quervain Antalgiques, anti-inflammatoires, corticoïdes pour les formes plus marquées Pas un traitement de routine
Thyroïdite silencieuse ou du post-partum Surveillance, traitement des symptômes, substitution si nécessaire Pas d'indication
Thyroïdite infectieuse ou abcès Antibiotiques en urgence, drainage, prise en charge spécialisée Ne remplace jamais le traitement de l'infection
Forme résistante à haut risque Discussion endocrinologique, cardiologique, chirurgicale et interventionnelle Option exceptionnelle si le rapport bénéfice-risque est favorable
Situation
Thyroïdite de Hashimoto stable
Prise en charge habituelle
Surveillance endocrinologique, lévothyroxine en cas d'hypothyroïdie
Place de l'embolisation
Pas d'indication
Situation
Thyroïdite subaiguë de De Quervain
Prise en charge habituelle
Antalgiques, anti-inflammatoires, corticoïdes pour les formes plus marquées
Place de l'embolisation
Pas un traitement de routine
Situation
Thyroïdite silencieuse ou du post-partum
Prise en charge habituelle
Surveillance, traitement des symptômes, substitution si nécessaire
Place de l'embolisation
Pas d'indication
Situation
Thyroïdite infectieuse ou abcès
Prise en charge habituelle
Antibiotiques en urgence, drainage, prise en charge spécialisée
Place de l'embolisation
Ne remplace jamais le traitement de l'infection
Situation
Forme résistante à haut risque
Prise en charge habituelle
Discussion endocrinologique, cardiologique, chirurgicale et interventionnelle
Place de l'embolisation
Option exceptionnelle si le rapport bénéfice-risque est favorable
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Pourquoi le bilan avant traitement est-il essentiel ?

Le bilan doit d’abord confirmer qu’il s’agit bien d’une thyroïdite, et non d’une maladie de Basedow, d’un nodule autonome, d’une infection ou d’un cancer. Il précise ensuite si l’excès d’hormones vient d’une surproduction ou d’une destruction inflammatoire de la glande, distinction qui modifie complètement le traitement.

Il comprend le dosage de la TSH et des hormones thyroïdiennes (T4 et T3 libres) et leur évolution, les marqueurs inflammatoires, les anticorps selon le contexte, l’analyse des médicaments (notamment amiodarone et immunothérapies), une échographie Doppler, une scintigraphie si nécessaire, un scanner en cas de gros volume, ainsi que la fonction rénale, la coagulation et les allergies avant l’angiographie. L’avis de l’endocrinologue est systématique, celui du cardiologue en cas de retentissement cardiaque.

Comment se déroule l’embolisation à l’Institut IRMI ?

  1. Vérification : confirmation du diagnostic, absence d’urgence infectieuse ou compressive, revue des alternatives et du consentement.
  2. Anesthésie : anesthésie locale, associée si besoin à une sédation ; une anesthésie générale reste possible selon l’état du patient.
  3. Accès : ponction d’une artère du poignet ou de l’aine, puis guidage d’un cathéter vers les vaisseaux du cou.
  4. Cartographie : l’angiographie, complétée si besoin par le cone-beam CT, identifie les artères thyroïdiennes et les communications à protéger.
  5. Embolisation : le microcathéter est avancé sélectivement et l’agent d’embolisation injecté lentement, sous contrôles répétés.
  6. Contrôle final : vérification de la diminution de la vascularisation et de la préservation des territoires voisins, puis fermeture ou compression du point de ponction.

Le geste se déroule dans un environnement hospitalier, avec une équipe d’anesthésie disponible en permanence sur site et une surveillance clinique et biologique adaptée.

One Day Thyroid : un parcours coordonné sur une journée

Pour un dossier stable, One Day Thyroid peut regrouper consultation, échographie Doppler, relecture de l’imagerie et coordination des avis. Ce parcours accélère l’évaluation sans préjuger de l’indication : dans une thyroïdite complexe, la priorité reste d’obtenir le bon diagnostic et de traiter la cause.

Une hyperthyroïdie sévère, une infection, un trouble cardiaque ou une compression aiguë imposent une prise en charge urgente dans un environnement adapté.

Suites de l’intervention

La surveillance porte sur la douleur, le gonflement du cou, la voix, la déglutition, le point de ponction, la fréquence cardiaque et l’évolution hormonale. Le retour à domicile le jour même est possible chez un patient stable ; une hospitalisation est préférable si le contexte hormonal, cardiaque ou inflammatoire le justifie.

Les suites les plus fréquentes sont transitoires : douleur ou tension du cou, fatigue ou légère fièvre, gêne pour avaler, petit hématome au point de ponction, variation temporaire du bilan thyroïdien.

Vous ne quittez pas le centre sans suivi

Avant votre sortie, vous recevez les prescriptions, le calendrier des prises de sang, les signes d’alerte et les coordonnées de l’équipe.

Un numéro dédié est accessible 24 h / 24 après l’intervention.

Une gêne respiratoire, un gonflement rapide du cou, une douleur thoracique, un trouble neurologique, un saignement persistant ou des palpitations importantes imposent d’appeler immédiatement le 15 (ou le 112).

Le suivi, plus rapproché en cas d’hyperthyroïdie ou de maladie cardiaque, associe bilan hormonal et échographie Doppler, en lien avec votre endocrinologue.

Quels résultats peut-on attendre ?

Les publications sur l’embolisation thyroïdienne concernent surtout les goitres, les nodules volumineux et certaines hyperthyroïdies. Pour les thyroïdites au sens strict, les données reposent essentiellement sur des cas d’hyperthyroïdie induite par l’amiodarone, résistante aux médicaments et associée à un risque cardiaque majeur. Un cas publié en 2022 rapporte ainsi une amélioration clinique et biologique progressive après embolisation des quatre artères thyroïdiennes, chez un patient atteint d’une cardiopathie congénitale complexe pour qui la chirurgie était exclue.

Il n’existe donc pas de pourcentage de succès propre aux thyroïdites. L’objectif est défini pour chaque patient : stabilisation clinique et hormonale, réduction de la vascularisation ou du volume, diminution du risque d’une étape ultérieure. Notre série de plus de 100 embolisations thyroïdiennes, avec 93 % de succès clinique et moins de 0,2 % de complications graves, témoigne de la maîtrise du geste par l’équipe. Une hypothyroïdie secondaire peut nécessiter un traitement substitutif.

Risques, limites et alternatives

Les risques comprennent une douleur ou une inflammation transitoire, une complication au point de ponction, un trouble de la voix ou de la déglutition, une aggravation transitoire de l’hyperthyroïdie ou une hypothyroïdie durable, une embolisation non ciblée d’un territoire du cou ou du cerveau (rare mais potentiellement grave), une réaction au produit de contraste, ou une efficacité insuffisante. Dans notre expérience de l’embolisation thyroïdienne, les complications graves concernent moins de 0,2 % des patients.

Le principal risque serait de proposer le geste à une maladie qui n’en relève pas. Les recommandations européennes sur l’hyperthyroïdie induite par l’amiodarone retiennent la chirurgie en urgence lorsque l’état cardiaque se dégrade ; l’embolisation n’intervient que lorsque cette option est impossible ou trop risquée. Les alternatives (traitement médical, corticoïdes, chirurgie, iode radioactif selon les formes) sont toujours discutées en premier.

Prise en charge financière

Avant toute programmation, l’équipe explique les honoraires, les frais hospitaliers et les conditions de remboursement. Selon l’indication, le parcours, la couverture de l’Assurance Maladie et les garanties de la complémentaire santé, une prise en charge sans reste à charge peut être possible. Une estimation personnalisée est remise avant le traitement.

Informations médicales importantes

Les informations présentées sur cette page sont fournies à titre informatif et ne remplacent pas une consultation médicale personnalisée. L’indication dépend du type de thyroïdite, du dossier clinique, biologique et radiologique, des traitements déjà reçus et d’une discussion multidisciplinaire ; les bénéfices, risques, limites et alternatives sont discutés avec chaque patient avant toute décision.

Références

  1. Camacho JC, Hodak SP, Lam A, et al. North American Society for Interventional Thyroidology (NASIT) Statement on the Use of Embolization for the Management of Thyroid Disease. Endocr Pract. 2026 (online ahead of print). doi:10.1016/j.eprac.2026.08.009.
  2. Coerts HI, D’Mello B, Verburg FA, et al. Thyroid Arterial Embolization for the Management of Benign and Malignant Thyroid Disease: A Systematic Review. Endocr Pract. 2025. PMID: 40780312.
  3. Bouça B, Martins AC, Bogalho P, et al. Thyroid arterial embolization in a patient with congenital heart disease and refractory amiodarone-induced thyrotoxicosis. Eur Thyroid J. 2021;11(1):e210007. doi:10.1530/ETJ-21-0007.
  4. Bartalena L, Bogazzi F, Chiovato L, et al. 2018 European Thyroid Association (ETA) Guidelines for the Management of Amiodarone-Associated Thyroid Dysfunction. Eur Thyroid J. 2018;7(2):55-66. doi:10.1159/000486957.
  5. Hennessey JV. Subacute Thyroiditis. In: Feingold KR, et al., eds. Endotext. MDText.com; updated 2022. NCBI Bookshelf NBK279084.
  6. Hakime A, Khoury E, Hameg A, et al. Polytetrafluoroethylene-covered nitinol stent graft for treatment of carotid artery blowout syndrome in head and neck cancer patients. Laryngoscope. 2013;123(7):1670-1675. doi:10.1002/lary.24006.
  7. Plaforet V, Tournier L, Deschamps F, …, Hakimé A, et al. Covered Stent Graft for Treatment of Carotid Blowout Syndrome in Patients With Head and Neck Cancer. JAMA Otolaryngol Head Neck Surg. 2024;150(11):995-1001. doi:10.1001/jamaoto.2024.3228.

FAQ

Non. Elle n’est pas indiquée dans la grande majorité des cas. Elle ne peut être discutée que dans des situations exceptionnelles, sévères, très vascularisées et résistantes aux traitements, après bilan complet.

Pas habituellement. La thyroïdite de Hashimoto relève d’une surveillance endocrinologique et d’un traitement par lévothyroxine si nécessaire.

Pas en routine. Cette forme guérit généralement spontanément et se traite par antalgiques, anti-inflammatoires ou corticoïdes.

Non en pratique habituelle : surveillance, traitement des symptômes et, si besoin, substitution hormonale.

Non, elle ne traite pas l’infection. Une thyroïdite suppurée ou un abcès nécessite une évaluation urgente, des antibiotiques et parfois un drainage.

Dans de rares hyperthyroïdies sévères et résistantes aux traitements, avec retentissement cardiaque et risque opératoire élevé, après concertation entre endocrinologue, cardiologue, chirurgien et radiologue interventionnel.

Non. L’accès se fait par une artère du poignet ou de l’aine, sans incision du cou.

C’est possible si votre état est stable. Une hospitalisation peut être nécessaire en cas d’hyperthyroïdie sévère ou de fragilité cardiaque.

Non. Les traitements de la cause et des conséquences hormonales restent nécessaires et sont adaptés par l’endocrinologue.

Pas systématiquement, mais une hypothyroïdie peut apparaître ; elle se corrige par lévothyroxine si nécessaire.

Parce que les artères thyroïdiennes peuvent communiquer avec les artères du cerveau. Une navigation très sélective et une cartographie rigoureuse sont essentielles à la sécurité.