Rezūm : traitement de l’adénome de la prostate par vapeur d’eau
Le Rezūm est un traitement mini-invasif de l’adénome de la prostate, ou hypertrophie bénigne de la prostate (HBP). Réalisé par les voies naturelles, à travers l’urètre, il délivre de brèves injections de vapeur d’eau dans le tissu prostatique afin d’en réduire progressivement le volume et de soulager durablement les troubles urinaires liés à l’adénome. Il présente un intérêt particulier pour les hommes qui souhaitent préserver leur sexualité et leur éjaculation. Au Centre Prostate IRMI, le Rezūm fait partie des options comparées lors du bilan, avec l’embolisation prostatique et la chirurgie. Lorsqu’il est retenu, le geste est réalisé par nos urologues partenaires, formés à cette technique.
En résumé
IRMI en quelques chiffres
- À retenir
- L'importance de l'expertise
- Qu'est-ce que le traitement Rezūm ?
- Quelle action sur les symptômes ?
- Qui peut être concerné par le Rezūm ?
- L’importance du bilan
- Déroulement du traitement Rezūm ?
- One Day Prostate
- Suites du traitement
- Quels résultats peut-on attendre ?
- Risques, limites et alternatives
- Prise en charge financière
- FAQ
Le Rezūm traite l’adénome de la prostate par de brèves injections de vapeur d’eau, par l’urètre. Le tissu traité est progressivement résorbé, ce qui réduit l’obstruction et améliore les symptômes urinaires en quelques semaines à quelques mois.
Il s’adresse surtout aux prostates de volume modéré et présente un intérêt particulier pour la préservation de la sexualité. Au Centre Prostate IRMI, il est comparé aux autres options lors du bilan ; lorsqu’il est retenu, il est réalisé par un urologue partenaire formé à cette technique.
L’importance de l’expertise
Le succès d’un traitement de l’adénome dépend d’abord du bon choix de technique. Deux prostates de même volume peuvent justifier des traitements différents selon leur forme, la présence d’un lobe médian, l’état de la vessie ou les priorités du patient.
Au Pôle Santé de l’homme IRMI, l’expertise porte sur cette étape décisive :
- Un choix fondé sur la comparaison de toutes les options : embolisation prostatique, Rezūm, traitements endoscopiques et chirurgie sont mis en regard pour chaque patient. La technique est choisie en fonction du patient, et non l’inverse.
- Une analyse d’imagerie de haut niveau : l’échographie et l’IRM de la prostate précisent le volume, la forme de la glande, la présence d’un lobe médian et le retentissement sur la vessie, autant de critères qui conditionnent l’intérêt du Rezūm.
- Une expertise approfondie de l’embolisation prostatique, alternative mini-invasive qui préserve elle aussi la sexualité : lorsque les deux options sont envisageables, le patient peut en comparer précisément les avantages et les contraintes.
- Des urologues partenaires formés au Rezūm : lorsque cette technique est retenue, le geste est réalisé par un urologue spécifiquement formé à la procédure, dans le cadre d’un parcours coordonné avec l’IRMI.
- Une décision partagée : lorsque plusieurs traitements sont possibles, radiologues interventionnels et urologues confrontent leurs avis pour orienter le patient vers la stratégie la plus adaptée.
Qu’est-ce que le traitement Rezūm ?
Le Rezūm est une thermothérapie par vapeur d’eau. Un dispositif introduit par l’urètre délivre, pendant quelques secondes, une petite quantité de vapeur dans les zones de l’adénome responsables de l’obstruction. En se condensant au contact du tissu, la vapeur libère son énergie thermique et entraîne une destruction cellulaire localisée.
L’organisme résorbe ensuite progressivement le tissu traité : le volume obstructif diminue et le passage de l’urine s’améliore. Il ne s’agit ni d’enlever la prostate, ni de retirer immédiatement l’adénome, et il n’y a aucune incision.
Accédez à un avis expert
Vous avez un adénome de la prostate et hésitez entre plusieurs traitements ? Nos médecins peuvent relire vos examens, analyser votre dossier et comparer le Rezūm, l’embolisation prostatique et les autres options adaptées à votre situation.
Comment cette approche agit-elle sur les symptômes ?
En réduisant le tissu qui comprime l’urètre, le Rezūm diminue l’obstruction à l’écoulement de l’urine. Les symptômes les plus souvent améliorés sont la faiblesse du jet, les difficultés à commencer à uriner, les envies fréquentes ou pressantes, les levers nocturnes et la sensation de vidange incomplète.
L’effet est progressif : le traitement provoque d’abord une inflammation et un gonflement de la prostate, qui peuvent accentuer temporairement les symptômes, puis l’amélioration apparaît au fil de la résorption du tissu traité. La réponse varie d’un patient à l’autre.
Qui peut être concerné par le Rezūm ?
Le Rezūm peut être envisagé chez des hommes présentant des troubles urinaires modérés à sévères liés à un adénome, notamment lorsque les médicaments sont insuffisants, mal tolérés, ou lorsqu’un traitement interventionnel devient souhaitable. Les recommandations britanniques (NICE) le proposent pour des prostates typiquement comprises entre 30 et 80 cm³, et les recommandations américaines (AUA) indiquent qu’il peut être proposé aux patients souhaitant préserver leurs fonctions érectile et éjaculatoire.
Il est particulièrement intéressant en cas de :
- prostate de volume modéré ;
- souhait prioritaire de préserver l’éjaculation et l’érection ;
- lobe médian obstructif, que la vapeur permet de traiter ;
- préférence pour un traitement court, sans incision, le plus souvent en ambulatoire.
Une prostate très volumineuse, une rétention urinaire complète, une anatomie particulière ou un besoin d’amélioration très rapide peuvent conduire à privilégier une autre stratégie, comme l’embolisation prostatique ou une technique chirurgicale.
Pourquoi le bilan avant traitement est-il essentiel ?
Des troubles urinaires ne signifient pas automatiquement que la prostate doit être traitée. Le bilan confirme d’abord que l’adénome est bien responsable des symptômes, et écarte d’autres causes comme une infection, une sténose de l’urètre ou un trouble de la vessie.
Il précise ensuite la sévérité des symptômes, le volume et la forme de la prostate, la présence d’un lobe médian, l’état de la vessie et le résidu après miction. Le dosage du PSA et, si nécessaire, l’IRM prostatique permettent de rechercher un éventuel cancer avant de traiter l’adénome. Enfin, le bilan intègre les traitements déjà essayés et les priorités du patient, notamment concernant sa sexualité.
Comment se déroule le traitement Rezūm à l’IRMI ?
Le geste est réalisé par un urologue partenaire formé à la technique. Un dispositif fin est introduit dans l’urètre jusqu’à la prostate ; l’urologue repère les zones responsables de l’obstruction, puis délivre plusieurs injections de vapeur d’environ neuf secondes chacune. Leur nombre et leur position dépendent de la longueur et de la forme de la prostate.
La procédure est courte. Elle peut être réalisée sous anesthésie locale ou sédation légère, selon le patient et l’organisation de l’équipe urologique, le plus souvent en ambulatoire.
One Day Prostate : un parcours coordonné sur une journée
Lorsque la situation médicale le permet, l’IRMI peut regrouper sur une même journée la consultation spécialisée, le bilan biologique avec PSA, l’imagerie prostatique, la relecture des examens et la comparaison des différentes options thérapeutiques.
Notre plateau d’imagerie intégré (échographie, scanner, IRM) permet de réaliser ou de compléter les explorations utiles. Si le Rezūm est retenu, le patient est ensuite orienté vers un urologue partenaire pratiquant cette technique.
Suites du traitement
Le retour à domicile a lieu le plus souvent le jour même. Le traitement provoque d’abord un gonflement de la prostate : une sonde urinaire peut donc être nécessaire pendant quelques jours, et des brûlures en urinant, des envies fréquentes, du sang dans les urines ou le sperme peuvent être observés dans les premières semaines. Ces effets sont habituellement transitoires.
Le suivi est assuré par l’urologue qui a réalisé le geste, qui précise les consignes, les traitements prescrits et les coordonnées à utiliser en cas de question. En cas de fièvre élevée, d’impossibilité d’uriner, de saignement abondant ou de douleur intense, il faut contacter rapidement l’équipe urologique ou appeler le 15 (ou le 112).
Quels résultats peut-on attendre ?
L’essai randomisé de référence (Rezūm II), mené dans 15 centres et comparant le traitement à une procédure simulée, a montré une amélioration rapide et durable. À cinq ans, le score de symptômes urinaires (IPSS) restait réduit de 48 %, la qualité de vie améliorée de 45 % et le débit urinaire maximal augmenté de 44 %. Le taux de nouvelle intervention chirurgicale était de 4,4 %, et 11,1 % des patients avaient repris un traitement médicamenteux.
Ces résultats concernent des patients sélectionnés, avec des prostates de 30 à 80 cm³. L’amélioration apparaît en général dans les trois premiers mois. Les experts consultés par NICE soulignent que les techniques chirurgicales plus invasives, comme la résection endoscopique, procurent probablement un soulagement plus marqué, sans comparaison directe à ce jour.
Risques, limites et alternatives
Les effets les plus fréquents sont transitoires : brûlures urinaires, envies pressantes, sang dans les urines ou le sperme, difficultés temporaires à uriner. Une infection urinaire ou une rétention nécessitant une sonde plus prolongée peuvent survenir. Une amélioration insuffisante ou une récidive des symptômes peuvent conduire à discuter un nouveau traitement.
Le Rezūm n’est qu’une des options possibles.
| Option | Voie d'abord | Situation privilégiée | Point distinctif |
|---|---|---|---|
| Rezūm | Urètre (vapeur d'eau) | Prostate de volume modéré, lobe médian possible | Geste court, préservation de l'éjaculation ; sonde parfois nécessaire |
| Embolisation prostatique | Artères (poignet ou aine) | Large gamme de volumes, y compris très grosses prostates ; patients sous anticoagulants après évaluation | Aucun instrument dans l'urètre, sonde rarement nécessaire, préservation de la sexualité |
| Énucléation au laser (HoLEP) | Urètre | Prostates de tous volumes, notamment volumineuses | Retrait du tissu obstructif, résultat rapide ; éjaculation souvent modifiée |
| Résection endoscopique (RTUP) | Urètre | Prostates de volume moyen | Technique de référence historique ; éjaculation souvent modifiée |
| Médicaments | Voie orale | Symptômes modérés | Premier recours ; effet réversible à l'arrêt, tolérance variable |
Le choix dépend du volume et de l’anatomie de la prostate, de la sévérité de l’obstruction, d’une éventuelle rétention, des traitements anticoagulants, des antécédents et des priorités du patient.
Rezūm et sexualité
C’est l’un des principaux atouts de la technique. Certains traitements endoscopiques ou chirurgicaux de l’adénome modifient fréquemment l’éjaculation, ce qui compte beaucoup pour de nombreux patients.
Dans l’essai Rezūm II, le suivi à cinq ans n’a mis en évidence aucune altération de la fonction sexuelle ni aucune dysfonction érectile durable attribuable au traitement. Une analyse spécifique de la fonction sexuelle à cinq ans confirme ce profil favorable. Le risque n’est cependant pas nul : NICE rapporte que quelques patients ont décrit une diminution de l’éjaculation, avec peu de changement sur l’érection.
L’embolisation prostatique, pratiquée par l’IRMI, partage cet objectif de préservation de la sexualité, par une voie différente : elle agit par les artères, sans passer par l’urètre. Lorsque la sexualité est une priorité, les deux options peuvent être comparées lors du bilan.
Prise en charge financière
Le bilan réalisé au Pôle Santé de l’Homme IRMI s’inscrit dans le parcours de soins habituel. Lorsque le Rezūm est retenu, les conditions de prise en charge du geste (Assurance Maladie, complémentaire santé, éventuels dépassements d’honoraires) sont précisées par l’urologue partenaire avant l’intervention, afin que chaque patient puisse vérifier son remboursement.
Informations médicales importantes
Les informations présentées sur cette page sont fournies à titre informatif et ne remplacent pas une consultation médicale personnalisée. Le diagnostic et le choix du traitement dépendent de la situation clinique, des résultats du bilan, des bénéfices attendus, des risques, des limites et des alternatives disponibles, qui sont discutés avec chaque patient avant toute décision.
Références
- McVary KT, Gittelman MC, Goldberg KA, et al. Final 5-Year Outcomes of the Multicenter Randomized Sham-Controlled Trial of a Water Vapor Thermal Therapy for Treatment of Moderate to Severe Lower Urinary Tract Symptoms Secondary to Benign Prostatic Hyperplasia. J Urol. 2021;206(3):715-724. doi:10.1097/JU.0000000000001778.
- McVary KT, El-Arabi A, Roehrborn C. Preservation of Sexual Function 5 Years After Water Vapor Thermal Therapy for Benign Prostatic Hyperplasia. Sex Med. 2021;9(6):100454. doi:10.1016/j.esxm.2021.100454.
- Sandhu JS, et al. Management of Lower Urinary Tract Symptoms Attributed to Benign Prostatic Hyperplasia (BPH): AUA Guideline Amendment 2023. J Urol. 2024. doi:10.1097/JU.0000000000003698.
- National Institute for Health and Care Excellence (NICE). Rezūm for treating lower urinary tract symptoms secondary to benign prostatic hyperplasia. HealthTech guidance HTG545 (anciennement MTG49). 2020.
FAQ
Non. C’est un traitement mini-invasif réalisé par l’urètre, sans incision, le plus souvent en ambulatoire.
Non. La vapeur traite les zones de l’adénome responsables de l’obstruction ; le tissu traité est ensuite progressivement résorbé par l’organisme.
Il est réalisé sous anesthésie locale ou sédation légère. Des brûlures en urinant et une gêne pelvienne sont fréquentes les premiers jours et s’atténuent progressivement.
C’est l’un des principaux intérêts de la technique : à cinq ans, l’essai de référence n’a pas montré d’altération significative de la fonction sexuelle. La conservation ne peut toutefois pas être garantie chez chaque patient.
Une sonde peut être nécessaire pendant quelques jours, en raison du gonflement initial de la prostate.
Les données les plus solides concernent les prostates de 30 à 80 cm³. Au-delà, d’autres options comme l’embolisation prostatique ou l’énucléation au laser sont souvent discutées.
Les deux sont mini-invasifs et visent à préserver la sexualité. Le Rezūm agit par l’urètre et convient surtout aux prostates de volume modéré ; l’embolisation agit par les artères, sans instrument dans l’urètre, et s’adresse à une large gamme de volumes. Le bilan permet de déterminer l’option la plus adaptée.
Lorsque le Rezūm est retenu, le geste est réalisé par un urologue partenaire formé à cette technique. L’IRMI assure le bilan, l’imagerie et la comparaison des différentes options.
Contactez l’équipe urologique qui a réalisé le geste. En cas de fièvre élevée, d’impossibilité d’uriner, de saignement abondant ou de douleur intense, appelez le 15 ou le 112.