Traitement du cancer du foie par chimioembolisation (TACE)

La chimioembolisation (TACE) est un traitement de radiologie interventionnelle du cancer du foie. Elle associe chimiothérapie ciblée et embolisation des artères tumorales. L’intervention est réalisée sans chirurgie ouverte. Réalisée sous guidage par imagerie, cette technique permet de cibler directement les lésions hépatiques tout en préservant au maximum le foie sain. Une évaluation spécialisée est indispensable avant toute prise en charge à l’IRMI.

En résumé

01

Durée de l’intervention

75 minutes

02

Hospitalisation

Ambulatoire

03

Anesthésie

Locale

IRMI en quelques chiffres
70 à 80 %
De contrôle tumoral obtenu après chimioembolisation (TACE) pour les lésions hépatiques bien sélectionnées.
1 à 2 jours
C'est la durée d'hospitalisation habituelle après une chimioembolisation hépatique.
À retenir

La chimioembolisation, ou TACE (Transarterial Chemoembolization), associe l’administration locale d’un traitement anticancéreux et l’occlusion des artères qui alimentent la tumeur. Cette approche permet d’agir directement sur les lésions hépatiques en concentrant le traitement au niveau de la maladie. L’objectif est de limiter la progression tumorale tout en réduisant l’exposition du reste de l’organisme aux médicaments administrés.

Comment fonctionne la TACE dans le traitement du carcinome hépatocellulaire ?

Le carcinome hépatocellulaire possède une particularité importante : son alimentation sanguine provient principalement des artères hépatiques.

À l’inverse, le foie sain reçoit l’essentiel de son apport sanguin par la veine porte. Cette différence permet de cibler préférentiellement la tumeur.

Lors de la chimioembolisation, le traitement est injecté directement dans les artères qui nourrissent les lésions. L’embolisation ralentit ensuite la circulation sanguine au niveau tumoral, permettant au traitement de rester plus longtemps au contact des cellules cancéreuses.

Cette stratégie vise à contrôler l’activité tumorale tout en préservant autant que possible le tissu hépatique non atteint.

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À quels patients s’adresse réellement cette approche ?

La chimioembolisation ne concerne pas tous les patients atteints d’un cancer du foie.

Elle peut être envisagée lorsque les lésions restent principalement localisées au foie et que d’autres options thérapeutiques, comme la chirurgie ou la transplantation, ne constituent pas la solution la plus adaptée.

Cette approche est notamment discutée chez certains patients présentant :

  • plusieurs nodules hépatiques ;
  • des lésions non accessibles à un traitement curatif ;
  • une maladie limitée au foie ;
  • une fonction hépatique compatible avec ce type de traitement.

L’indication dépend toujours d’une analyse globale intégrant la tumeur, l’état du foie et la situation médicale du patient.

Avant le traitement : une analyse approfondie du foie et de la tumeur

Avant d’envisager une chimioembolisation, une évaluation complète est réalisée afin de déterminer si cette approche est adaptée à la situation du patient.

Cette analyse ne porte pas uniquement sur la tumeur. Le fonctionnement du foie est également étudié avec attention, car la qualité du tissu hépatique restant joue un rôle majeur dans la faisabilité du traitement. Un scanner ou une IRM permet d’analyser précisément le nombre de lésions, leur localisation et leur vascularisation.

Les examens biologiques complètent ce bilan en évaluant notamment la fonction hépatique et l’état général du patient. Ces informations permettent de construire une stratégie thérapeutique personnalisée et de choisir le moment le plus approprié pour intervenir.

Déroulement : une intervention sans chirurgie ouverte

La chimioembolisation est réalisée en salle de radiologie interventionnelle.

Après une anesthésie locale, une artère est ponctionnée au niveau du poignet ou de l’aine afin d’introduire un cathéter. Celui-ci est guidé jusqu’aux artères hépatiques qui vascularisent la tumeur.

Le traitement est alors injecté directement dans les vaisseaux ciblés avant leur embolisation.

L’intervention dure généralement entre une et deux heures selon la complexité anatomique et le nombre de lésions à traiter.

Une hospitalisation courte est habituellement prévue après la procédure afin de surveiller les suites immédiates.

Une technique guidée par imagerie de haute précision

L’imagerie joue un rôle central tout au long de la prise en charge.

Avant l’intervention, le scanner ou l’IRM permettent de cartographier précisément les lésions et leur vascularisation. Pendant la procédure, le guidage radiologique aide le radiologue interventionnel à naviguer à travers les artères du foie grâce à des microcathéters de très petit calibre.

Cette précision permet de cibler les vaisseaux alimentant la tumeur tout en préservant au maximum le foie sain environnant.

Quels bénéfices peut-on attendre de la chimioembolisation ?

La chimioembolisation a pour objectif de ralentir l’évolution du carcinome hépatocellulaire en agissant directement sur les mécanismes qui permettent à la tumeur de se développer.

Selon les caractéristiques de la maladie, le traitement peut contribuer à limiter l’activité tumorale, contrôler certaines lésions hépatiques et prolonger la stabilité de la maladie. Dans certaines situations, il peut également permettre de conserver un équilibre satisfaisant entre contrôle tumoral et préservation de la fonction hépatique.

L’évaluation des résultats repose sur les examens d’imagerie réalisés après l’intervention. Ceux-ci permettent d’analyser l’évolution de la vascularisation tumorale et la réponse des lésions au traitement.

Lorsque cela est nécessaire, plusieurs séances peuvent être programmées dans le cadre d’une stratégie thérapeutique globale.

Quelles suites après une chimioembolisation ?

Dans les jours suivant l’intervention, le foie et la tumeur réagissent au traitement administré. Cette phase de récupération est généralement temporaire et fait partie de l’évolution habituelle après une TACE.

Certains patients peuvent ressentir une gêne abdominale du côté droit, une fatigue passagère, une diminution de l’appétit ou une sensation fébrile. L’intensité de ces manifestations varie selon l’étendue des lésions traitées et l’état du foie avant l’intervention.

Une surveillance adaptée est mise en place après la procédure afin d’accompagner cette phase post-thérapeutique et de détecter précocement toute complication inhabituelle. Dans la majorité des cas, les symptômes régressent progressivement au cours des jours suivant le traitement.

Chimioembolisation et autres traitements du cancer du foie

La chimioembolisation s’intègre dans une stratégie thérapeutique globale du carcinome hépatocellulaire.

Lorsque les lésions sont peu nombreuses et de petite taille, des traitements d’ablation percutanée comme la radiofréquence, la cryochirurgie, les micro-ondes ou l’électroporation peuvent parfois être envisagés.

Dans d’autres situations, la chirurgie hépatique, la transplantation ou certains traitements systémiques peuvent être discutés.

Ces différentes approches sont complémentaires. Le choix dépend du stade de la maladie, de la localisation des lésions et du fonctionnement du foie.

Pourquoi la sélection des patients est déterminante ?

La qualité des résultats dépend autant de la technique que de la pertinence de l’indication.

L’analyse préalable doit tenir compte du nombre de lésions, de leur vascularisation, mais également de la réserve fonctionnelle du foie. Une tumeur techniquement accessible ne constitue pas nécessairement une bonne indication si le foie est trop fragilisé.

Cette réflexion spécialisée permet d’orienter chaque patient vers la stratégie thérapeutique la plus adaptée à sa situation.

Références

FAQ

La réponse dépend du stade de la maladie. La TACE est principalement utilisée pour contrôler certaines tumeurs et ralentir leur évolution.

Une gêne abdominale ou une fatigue temporaire peuvent apparaître dans les jours suivant le traitement.

Oui. Selon la réponse tumorale observée lors du suivi, plusieurs séances peuvent être proposées.

Non. La chirurgie, la transplantation et la chimioembolisation répondent à des indications différentes.

Le suivi repose principalement sur le scanner ou l’IRM réalisés après l’intervention.