AOMI

L’artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI) est une maladie des artères des jambes liée, dans la majorité des cas, à l’athérosclérose. Elle réduit progressivement l’apport de sang vers les muscles et les tissus des membres inférieurs, entraînant des douleurs à la marche, une diminution du périmètre de marche et, dans les formes avancées, un risque de plaies ou de souffrance du membre. À l’Institut de Radiologie et de Médecine Interventionnelle (IRMI), l’imagerie vasculaire permet de localiser précisément les lésions artérielles et d’orienter la stratégie thérapeutique la plus adaptée.

IRMI en quelques chiffres

10 à 20 %
de la population après 55 ans est touchée par l'AOMI, formes symptomatiques et asymptomatiques confondues.
70 à 90 %
de taux de succès immédiat pour l'angioplastie, avec restauration de la circulation sanguine.
À retenir

L’artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI) correspond à un rétrécissement progressif des artères des jambes, le plus souvent d’origine athéromateuse, réduisant l’apport sanguin aux muscles. Elle se manifeste par une douleur à la marche (claudication), s’améliorant au repos. La prise en charge, qui associe contrôle des facteurs de risque et traitement local, est adaptée au cas par cas.

Qu’est-ce que l’AOMI ?

L’artériopathie oblitérante des membres inférieurs correspond à un rétrécissement ou à une obstruction progressive des artères qui irriguent les jambes.

Dans la grande majorité des cas, cette maladie est provoquée par l’athérosclérose, c’est-à-dire l’accumulation de plaques de graisse et de cholestérol dans la paroi des artères.

Au fil du temps, ces plaques diminuent le diamètre des vaisseaux et réduisent le débit sanguin vers les muscles.

Lorsque les besoins en oxygène augmentent pendant la marche, les muscles sont moins bien irrigués, ce qui entraîne l’apparition de douleurs caractéristiques appelées claudication intermittente.

L’AOMI est également un marqueur d’un risque cardiovasculaire plus élevé, car elle est fréquemment associée à une atteinte des artères du cœur ou du cerveau.

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Pourquoi les artères des jambes se bouchent-elles ?

L’athérosclérose est un phénomène progressif qui fragilise les artères au fil des années.

Plusieurs facteurs augmentent le risque de développer une AOMI :

  • le tabagisme ;
  • le diabète ;
  • l’hypertension artérielle ;
  • un excès de cholestérol ;
  • l’âge ;
  • les antécédents cardiovasculaires familiaux ;
  • la sédentarité.

Au fur et à mesure que les plaques se développent, la circulation sanguine devient insuffisante, en particulier lors des efforts.

Contrairement à une idée reçue, certaines sténoses très importantes peuvent rester longtemps peu symptomatiques grâce au développement d’un réseau de circulation collatérale.

Quels sont les symptômes ?

Les symptômes évoluent progressivement.

Le signe le plus fréquent est une douleur musculaire apparaissant après une certaine distance de marche puis disparaissant rapidement au repos.

Les patients décrivent le plus souvent :

  • une douleur du mollet à la marche ;
  • une fatigue musculaire ;
  • une diminution du périmètre de marche ;
  • une sensation de jambe froide ;
  • une faiblesse à l’effort.

Lorsque la maladie progresse, d’autres symptômes peuvent apparaître :

  • douleurs au repos, notamment la nuit ;
  • refroidissement du pied ;
  • diminution ou disparition des pouls ;
  • plaies qui cicatrisent difficilement ;
  • ulcères ;
  • nécrose dans les formes les plus sévères.

Pourquoi le diagnostic est-il parfois difficile ?

Toutes les douleurs des jambes ne sont pas liées à une maladie des artères.

Le diagnostic différentiel comprend notamment :

L’examen clinique oriente le diagnostic mais ne permet pas toujours de localiser précisément les lésions artérielles.

L’imagerie est indispensable pour évaluer l’étendue de la maladie et préparer une éventuelle intervention.

Les examens d’imagerie essentiels

L’imagerie permet d’étudier précisément la circulation des membres inférieurs.

L’échographie Doppler artériel

Il s’agit généralement de l’examen de première intention.

Elle permet :

  • d’étudier les flux sanguins ;
  • de localiser les rétrécissements ;
  • de mesurer leur importance ;
  • d’évaluer les artères des membres inférieurs en temps réel.

L’angioscanner

L’angioscanner fournit une cartographie très précise du réseau artériel.

Il permet :

  • d’analyser l’ensemble des artères ;
  • de mesurer les sténoses ;
  • de visualiser les occlusions ;
  • de préparer un traitement endovasculaire ou chirurgical.

L’angio-IRM

Elle constitue une alternative dans certaines situations, notamment lorsque l’utilisation d’un scanner est moins adaptée.

L’artériographie

Réalisée dans un contexte interventionnel, elle permet d’analyser directement les artères et peut être suivie d’un traitement au cours de la même procédure.

L’expertise en imagerie IRMI

L’analyse d’une AOMI ne consiste pas uniquement à confirmer la présence d’un rétrécissement artériel.

Au sein de l’Institut de Radiologie et de Médecine Interventionnelle (IRMI), l’imagerie permet également :

  • de cartographier précisément les lésions ;
  • d’évaluer leur sévérité ;
  • d’étudier la circulation collatérale ;
  • de déterminer les segments accessibles à un traitement mini-invasif ;
  • de planifier la stratégie thérapeutique la plus adaptée.

Cette approche permet d’individualiser la prise en charge selon la localisation des lésions, les symptômes et le risque cardiovasculaire global.

Comment traiter une AOMI ?

Le traitement dépend de l’intensité des symptômes, de l’étendue des lésions et du risque d’évolution.

La prise en charge repose systématiquement sur le contrôle des facteurs de risque cardiovasculaire. Elle peut associer :

  • l’arrêt du tabac ;
  • la pratique régulière de la marche encadrée ;
  • un traitement médical ;
  • le contrôle du diabète, de la tension artérielle et du cholestérol.

Lorsque les symptômes deviennent invalidants ou que la circulation est fortement compromise, une revascularisation peut être proposée. À l’Institut de Radiologie et de Médecine Interventionnelle, ces gestes sont réalisés par voie percutanée, sous guidage par imagerie, sans chirurgie ouverte :

Technique Principe Indication typique
Dilatation artérielle (angioplastie) Élargissement de l'artère rétrécie à l'aide d'un ballonnet gonflé au niveau de la sténose Sténose artérielle localisée, première intention dans de nombreuses lésions
Réouverture artérielle (recanalisation) Franchissement et ouverture d'une artère complètement obstruée afin de rétablir le flux sanguin Occlusion artérielle, notamment lorsque la circulation est fortement compromise
Pontage artériel percutané Création d'un nouveau trajet de circulation sanguine contournant la zone obstruée, réalisée par voie endovasculaire Lésions étendues ou complexes pour lesquelles la dilatation seule est insuffisante, en alternative au pontage chirurgical
Dilatation artérielle (angioplastie)
Principe
Élargissement de l'artère rétrécie à l'aide d'un ballonnet gonflé au niveau de la sténose
Indication typique
Sténose artérielle localisée, première intention dans de nombreuses lésions
Réouverture artérielle (recanalisation)
Principe
Franchissement et ouverture d'une artère complètement obstruée afin de rétablir le flux sanguin
Indication typique
Occlusion artérielle, notamment lorsque la circulation est fortement compromise
Principe
Création d'un nouveau trajet de circulation sanguine contournant la zone obstruée, réalisée par voie endovasculaire
Indication typique
Lésions étendues ou complexes pour lesquelles la dilatation seule est insuffisante, en alternative au pontage chirurgical
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Ces techniques permettent, dans de nombreuses situations, d’éviter le recours à une chirurgie ouverte, avec une récupération généralement plus rapide. Le choix du traitement est toujours individualisé après une évaluation spécialisée, en fonction de la localisation, de l’étendue des lésions et de l’état général du patient.

Quels signes doivent amener à consulter rapidement ?

Une consultation spécialisée est recommandée en cas :

  • d’apparition de douleurs à la marche ;
  • de diminution progressive du périmètre de marche ;
  • de douleur persistante au repos ;
  • de refroidissement important du pied ;
  • de plaie qui ne cicatrise pas ;
  • de changement de couleur des orteils ou du pied.

Une prise en charge rapide permet de limiter le risque de complications et de préserver la fonction du membre.

Références

FAQ

La diminution du débit sanguin empêche les muscles de recevoir suffisamment d’oxygène pendant l’effort, ce qui provoque une douleur qui disparaît généralement au repos.

Oui. Le tabagisme est le principal facteur de risque de cette maladie et accélère son évolution.

Elle peut le devenir lorsqu’elle évolue vers une ischémie chronique sévère. Elle est également un marqueur d’un risque accru d’infarctus du myocarde et d’accident vasculaire cérébral.

Oui. Elle constitue l’examen de référence pour analyser la circulation artérielle des membres inférieurs en première intention.

Oui. De nombreux patients peuvent bénéficier d’un traitement médical ou d’une revascularisation mini-invasive par angioplastie avant qu’une chirurgie ne soit envisagée.

Oui. La marche régulière, lorsqu’elle est adaptée et encadrée, fait partie intégrante du traitement et contribue à améliorer les capacités de marche ainsi que la circulation des membres inférieurs.