Traitement du névrome de Morton par infiltration thérapeutique

Le névrome de Morton peut provoquer des brûlures, des décharges électriques, des douleurs à la marche et une sensation de caillou sous le pied. Lorsque les traitements conservateurs deviennent insuffisants et que les symptômes persistent malgré l’adaptation des chaussures ou les semelles, certaines techniques ciblées peuvent être envisagées. Parmi elles, l’infiltration thérapeutique est une technique mini-invasive guidée par imagerie permettant d’injecter un traitement directement autour du nerf douloureux avec une grande précision.

En résumé

01

Durée de l’intervention

15 minutes

02

Hospitalisation

Ambulatoire

03

Anesthésie

Locale

IRMI en quelques chiffres
70 à 80 %
de soulagement après infiltration thérapeutique pour un névrome de Morton.
< 3 par an
c'est le nombre d'infiltrations généralement recommandé pour préserver leur efficacité.
À retenir

L’infiltration thérapeutique du névrome de Morton est une technique mini-invasive. Elle consiste à injecter un traitement au contact du nerf irrité, afin de réduire certains mécanismes inflammatoires et douloureux. Elle est réalisée sous guidage par imagerie et est proposée au cas par cas après évaluation spécialisée.

Le principe : agir directement sur le nerf douloureux

Dans le névrome de Morton, le nerf situé entre les métatarsiens (le plus souvent dans le 3ᵉ espace inter-métatarsien) devient irrité et hypersensible, avec un épaississement fibreux progressif. Cette irritation peut entraîner des douleurs brûlantes, des décharges électriques, des fourmillements et une hypersensibilité locale.

L’infiltration thérapeutique consiste à injecter un traitement directement autour du nerf douloureux, dans l’objectif de diminuer certains phénomènes inflammatoires et certaines douleurs nerveuses. Selon les situations, différents produits peuvent être utilisés :

  • des corticoïdes (anti-inflammatoires), les plus couramment utilisés
  • des anesthésiques locaux, souvent associés au corticoïde
  • d’autres traitements adaptés au contexte clinique

Le choix dépend de chaque situation clinique.

Contraste clinique

Un petit névrome peut provoquer des douleurs très importantes ; à l’inverse, certains névromes visibles à l’imagerie peuvent être peu symptomatiques.

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À quels patients s’adresse cette approche?

L’infiltration thérapeutique ne concerne pas toutes les douleurs de l’avant-pied. Elle s’adresse à des patients présentant :

  • un névrome de Morton symptomatique
  • des douleurs persistantes malgré les traitements conservateurs
  • une gêne importante lors de la marche
  • des brûlures ou décharges électriques chroniques
  • une limitation fonctionnelle importante

Les patients décrivent souvent des douleurs aggravées par certaines chaussures ou la marche prolongée.

Tous les patients ne sont pas éligibles : l’indication dépend du mécanisme de la douleur, des résultats de l’imagerie et du contexte clinique global. La décision est prise après une évaluation spécialisée.

Avant le traitement : une étape essentielle

Une évaluation préalable est indispensable. Le diagnostic repose sur l’analyse des symptômes, l’examen clinique et l’imagerie, et permet de confirmer le névrome de Morton, d’identifier précisément le nerf concerné, de rechercher des anomalies mécaniques associées et de s’assurer que l’infiltration est adaptée. Une mauvaise indication peut limiter l’efficacité du traitement.

Déroulement : une intervention ciblée sans chirurgie ouverte

L’intervention est réalisée en consultation spécialisée ou en radiologie interventionnelle. Une aiguille fine est introduite sous contrôle échographique jusqu’au voisinage du névrome. Le traitement est ensuite injecté directement autour du nerf douloureux. Le geste est réalisé sans chirurgie ouverte, généralement sous anesthésie locale ou sans anesthésie selon les situations.

La durée et les modalités varient selon chaque patient.

Le rôle central de l’imagerie dans le traitement

L’imagerie permet de guider l’infiltration avec précision. L’infiltration est généralement réalisée sous échographie, qui permet de visualiser précisément le névrome, d’identifier les structures voisines, de guider l’aiguille en temps réel et d’assurer la précision et la sécurité du geste. Cette précision est essentielle dans les espaces étroits de l’avant-pied. Les études disponibles montrent que le guidage échographique améliore sensiblement les chances de succès par rapport à une injection réalisée sans guidage.

Résultats : ce qu’il faut réellement attendre

L’infiltration de corticoïde guidée par échographie est le traitement mini-invasif le mieux documenté du névrome de Morton, avec un recul de plusieurs décennies. Une étude de cohorte rétrospective récente rapporte une efficacité de 85 % sur le contrôle de la douleur, avec une durée médiane de soulagement de 17 mois, et un score de douleur (VAS) passant en moyenne de 7,7 à 2,2. Une autre étude de référence, avec un suivi à 9 mois, rapporte un résultat positif chez 66 % des patients, avec un soulagement complet chez 28 % d’entre eux ; environ 30 % des patients nécessitent, dans cette même étude, un recours ultérieur à la chirurgie en cas de réponse insuffisante.

Dans de nombreux cas, l’infiltration thérapeutique permet :

  • une diminution des douleurs
  • une amélioration de la marche
  • une réduction des brûlures et décharges électriques
  • une amélioration du confort quotidien

Les effets peuvent être temporaires ou plus prolongés selon les situations, certaines études montrant qu’un traitement précoce (avant l’installation d’un névrome trop volumineux) est associé à de meilleurs résultats. Un suivi est nécessaire pour évaluer l’évolution, et une seconde infiltration peut être proposée en cas de réponse partielle.

Effets secondaires : ce qu’il faut savoir sans dramatiser

Comme toute procédure, les infiltrations thérapeutiques comportent des risques, généralement limités :

  • des douleurs transitoires après l’injection
  • une irritation locale
  • des ecchymoses au point de ponction
  • une sensation d’engourdissement temporaire
  • de manière plus spécifique aux corticoïdes : une dépigmentation cutanée locale (environ 5 % des cas selon les études) ou une atrophie du coussinet plantaire (environ 3 %)
  • de manière rare, des complications infectieuses

Le risque dépend du terrain du patient et de la précision du geste. Une information claire est délivrée avant toute intervention.

Infiltration VS autres traitements

L’infiltration thérapeutique ne remplace pas toutes les autres approches. Elle s’intègre dans une stratégie globale de prise en charge du névrome de Morton. Les semelles, les adaptations de chaussures, la cryoneurolyse, la radiofréquence ou certains traitements interventionnels peuvent également être proposés selon les situations. 

L’infiltration reste souvent proposée en première intention mini-invasive, avant d’envisager une technique d’ablation nerveuse en cas de réponse insuffisante ou de récidive. Ces approches sont complémentaires, et le choix repose sur une analyse personnalisée.

Pourquoi l’expertise change tout

L’infiltration thérapeutique du névrome de Morton nécessite une expertise spécialisée, reposant sur une analyse précise du mécanisme douloureux, une excellente connaissance de l’anatomie nerveuse de l’avant-pied et une maîtrise du guidage échographique. L’expertise permet de sélectionner les bonnes indications, de réaliser un geste précis et sécurisé, et d’optimiser les résultats du traitement.

Références

FAQ

Le geste est généralement bien toléré et réalisé avec une aiguille fine.

L’amélioration peut être rapide ou progressive selon le traitement injecté.

Une reprise progressive de l’appui et de la marche est généralement possible rapidement.

Oui. Les symptômes peuvent réapparaître avec le temps selon les contraintes mécaniques et l’évolution du névrome ; la durée médiane de soulagement rapportée dans les études est de l’ordre de 17 mois.

Cela dépend de chaque situation clinique et de l’évolution des symptômes ; une seconde infiltration peut être proposée en cas de réponse partielle.

Oui. De nombreux patients peuvent bénéficier de traitements mini-invasifs avant d’envisager une chirurgie, même si environ 30 % des patients y ont recours à terme selon les études disponibles en cas de réponse insuffisante.

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