Traitement de la Ténosynovite de De Quervain par embolisation

La ténosynovite de De Quervain peut entraîner des douleurs persistantes à la base du pouce et du poignet, une gêne dans les gestes du quotidien et une diminution de la force de préhension. Lorsque les traitements conservateurs deviennent insuffisants et que les symptômes persistent malgré le repos, l’attelle ou les traitements habituels, certaines techniques ciblées peuvent être envisagées. Parmi elles, l’embolisation permet de réduire les douleurs chroniques des tendons du poignet.

En résumé

01

Durée de l’intervention

60 minutes

02

Hospitalisation

Ambulatoire

03

Anesthésie

Locale

IRMI en quelques chiffres

75 %
de réduction de la douleur après embolisation pour une ténosynovite de De Quervain résistante.
< 1 heure
C'est la durée moyenne du geste.
À retenir

L’embolisation de la ténosynovite de De Quervain est une technique mini-invasive. Elle consiste à réduire certaines vascularisations inflammatoires anormales autour des tendons, et agit sur les mécanismes impliqués dans la douleur chronique. Elle est proposée au cas par cas après évaluation spécialisée et nécessite une expertise en radiologie interventionnelle.

Le principe : agir sur les phénomènes inflammatoires des tendons

Dans certaines ténosynovites chroniques, les tendons (ici, ceux du premier compartiment extenseur du poignet, à la base du pouce) développent une inflammation persistante, qui s’accompagne parfois d’une hypervascularisation anormale : de nouveaux petits vaisseaux sanguins (néovaisseaux) apparaissent autour des tendons inflammatoires. Ces vaisseaux sont souvent associés à des fibres nerveuses néoformées, qui participent à l’entretien de la douleur chronique.

L’embolisation consiste à agir directement sur cette vascularisation anormale : le traitement repose sur l’injection de particules très fines dans les vaisseaux ciblés (le plus souvent des branches de l’artère radiale, côté pouce), ce qui réduit l’hypervascularisation inflammatoire et, par ce mécanisme, diminue les phénomènes douloureux chroniques du poignet.

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À quels patients s’adresse cette approche ?

L’embolisation ne concerne pas toutes les douleurs du poignet. Elle s’adresse à des patients présentant :

  • une ténosynovite chronique de De Quervain
  • des douleurs persistantes malgré les traitements conservateurs (repos, attelle, infiltrations)
  • une gêne fonctionnelle importante
  • une douleur lors des mouvements du pouce
  • une limitation des activités quotidiennes ou professionnelles

Les patients décrivent souvent une douleur lors de la préhension ou des mouvements répétitifs du poignet.

Tous les patients ne sont pas éligibles : l’indication dépend du mécanisme de la douleur, de l’analyse de l’imagerie et du contexte clinique global. Les antécédents de chirurgie du poignet peuvent limiter l’efficacité du traitement. La décision est prise après une évaluation spécialisée.

Avant le traitement : une étape essentielle

Une évaluation préalable est indispensable. Elle repose sur l’analyse des symptômes, l’examen clinique et l’imagerie, et permet de :

  • confirmer l’origine tendineuse de la douleur
  • évaluer l’état des tendons
  • rechercher une inflammation persistante
  • s’assurer que l’embolisation est adaptée à la situation

Une mauvaise indication peut limiter l’efficacité du traitement.

Déroulement d’une embolisation à l’IRMI

L’intervention est réalisée en radiologie interventionnelle, sans chirurgie ouverte :

  1. Une anesthésie locale est réalisée au point de ponction (poignet ou aine selon la voie d’abord choisie).
  2. Un microcathéter est introduit dans une artère, puis guidé jusqu’aux vaisseaux ciblés de la région douloureuse.
  3. Des particules d’embolisation sont injectées de manière très précise dans les vaisseaux anormaux identifiés.
  4. Le cathéter est retiré et un pansement compressif est posé au point de ponction.

La durée et les modalités varient selon chaque patient. Le patient rentre généralement chez lui le jour même.

Le rôle central de l’imagerie dans le traitement

L’imagerie permet de guider la procédure avec précision. L’embolisation est réalisée sous contrôle radiologique (artériographie), qui permet de visualiser les petits vaisseaux impliqués dans les phénomènes inflammatoires des tendons du poignet et d’adapter le geste pour assurer la sécurité de la procédure.

Résultats : ce qu’il faut réellement attendre

L’embolisation pour les douleurs chroniques du poignet, dont la ténosynovite de De Quervain, a fait l’objet d’une étude pilote publiée en 2026 portant sur 12 procédures chez 11 patients (incluant des atteintes du fibrocartilage triangulaire, des tendinopathies et 2 cas de ténosynovite de De Quervain). Le score de douleur médian (échelle de 0 à 10) est passé de 6,5 à 1,5 à 6 mois, avec un taux de succès clinique global de 75 %.

Dans les cas où le traitement est efficace, il permet généralement :

  • une diminution des douleurs
  • une amélioration de la préhension
  • une réduction de la gêne fonctionnelle
  • une amélioration de la qualité de vie

Les effets peuvent être progressifs. Une rééducation adaptée peut rester importante après le traitement. Un suivi est nécessaire pour évaluer l’évolution.

Effets secondaires : ce qu’il faut savoir sans dramatiser

Comme toute procédure, l’embolisation comporte des risques, généralement limités. Dans l’étude pilote citée plus haut, les effets rapportés étaient principalement :

  • des réactions cutanées transitoires (rougeur passagère au niveau traité), résolutives spontanément en moins d’une semaine dans la majorité des cas
  • des ecchymoses au point de ponction
  • une irritation locale
  • de manière rare, des complications vasculaires au point de ponction, toutes résolues sans séquelles dans l’étude citée

Le risque dépend du terrain du patient et de la précision du geste. Une information claire est délivrée avant toute intervention.

Embolisation VS autres traitements

L’embolisation ne remplace pas toutes les autres approches : elle s’intègre dans une stratégie globale de prise en charge de la ténosynovite de De Quervain. Le repos, l’attelle, la kinésithérapie, les infiltrations, le PRP ou d’autres traitements interventionnels peuvent également être proposés selon les situations.

Ces approches sont complémentaires, et le choix repose sur une analyse personnalisée.

Pourquoi l’expertise change tout

L’embolisation de la ténosynovite de De Quervain est une technique spécialisée qui nécessite :

  • une expertise en radiologie interventionnelle et en prise en charge des douleurs tendineuses chroniques
  • une analyse précise des mécanismes inflammatoires, en amont du geste
  • une sélection rigoureuse des patients, d’autant plus importante que le niveau de preuve pour cette indication précise reste encore limité à de petites séries

Chez IRMI, cette expertise s’appuie sur une continuité rare entre diagnostic et traitement, réalisés par la même équipe spécialisée ; un gage de précision et de pertinence de l’indication.

Références

FAQ

Il est généralement réalisé sous anesthésie locale et bien toléré.

L’amélioration peut être progressive selon les patients, bien qu’une première réduction de la douleur ait été observée dès le lendemain de la procédure dans l’étude pilote disponible.

Cela dépend de l’évolution clinique et des recommandations médicales.

Oui, notamment si les contraintes mécaniques persistent.