Traitement de l’épicondylite latérale (tennis elbow) par PRP

L’épicondylite latérale, également appelée « tennis elbow », peut entraîner des douleurs persistantes sur la face externe du coude, une diminution de la force et une gêne dans les gestes du quotidien. Lorsque les traitements conservateurs deviennent insuffisants et que les douleurs persistent malgré la rééducation et les traitements habituels, certaines techniques ciblées peuvent être envisagées. Parmi elles, les injections de PRP constituent une approche mini-invasive utilisant les propres cellules du patient afin de stimuler certains mécanismes biologiques locaux.

En résumé

01

Durée de l’intervention

30 minutes

02

Hospitalisation

Ambulatoire

03

Anesthésie

Locale

IRMI en quelques chiffres

70 à 80 %
d'amélioration rapportée après injections de PRP pour une épicondylite latérale chronique.
3
injections habituellement recommandées par cure.
À retenir

Le PRP est un traitement mini-invasif utilisant le sang du patient lui-même. Il consiste à injecter un concentré de plaquettes (le Plasma Riche en Plaquettes ) dans les tendons douloureux du coude, afin d’agir sur certains mécanismes biologiques de réparation. Il est proposé au cas par cas après évaluation spécialisée et nécessite une expertise en médecine interventionnelle et en imagerie.

Le principe : utiliser les ressources biologiques du patient

Les plaquettes jouent un rôle important dans les phénomènes de réparation des tissus : elles contiennent des facteurs biologiques impliqués dans la cicatrisation. Le traitement consiste à concentrer les plaquettes du patient, puis à les injecter directement dans la zone tendineuse douloureuse, le tendon des muscles épicondyliens, à leur insertion sur l’épicondyle latéral.

Le geste débute par une simple prise de sang. Le sang est ensuite centrifugé afin d’isoler le plasma riche en plaquettes, injecté directement dans les tendons atteints du coude. L’objectif est de stimuler certains mécanismes biologiques locaux de réparation, particulièrement utiles dans l’épicondylite latérale, où l’atteinte tendineuse est davantage dégénérative (tendinose) qu’inflammatoire.

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À quels patients s’adresse cette approche ?

Le PRP ne concerne pas toutes les douleurs du coude. Il s’adresse à des patients présentant :

  • une épicondylite latérale chronique (symptômes évoluant généralement depuis plus de 3 mois)
  • des douleurs persistantes malgré les traitements conservateurs
  • une gêne fonctionnelle importante
  • une douleur lors de la préhension ou du port de charges
  • une atteinte chronique des tendons du coude

Les patients décrivent souvent une douleur lors des mouvements répétitifs du poignet ou de l’avant-bras.

Tous les patients ne sont pas éligibles : l’indication dépend de l’état des tendons à l’imagerie, de l’ancienneté des symptômes et du contexte clinique global. La décision est prise après une évaluation spécialisée.

Avant le traitement : une étape essentielle

Une évaluation préalable est indispensable. Elle repose sur l’analyse des symptômes, l’examen clinique et l’imagerie, et permet de :

  • confirmer l’origine tendineuse de la douleur
  • évaluer l’état des tendons
  • rechercher d’éventuelles lésions associées
  • s’assurer que le PRP est adapté à la situation

Une mauvaise indication peut limiter l’efficacité du traitement.

Déroulement d’une injection de PRP

L’intervention est réalisée en consultation spécialisée ou en radiologie interventionnelle :

  1. Une prise de sang est réalisée avant le geste.
  2. Le sang est centrifugé afin d’obtenir le concentré de PRP.
  3. Une aiguille fine est introduite dans la zone tendineuse ciblée, sous guidage échographique.
  4. Le PRP est injecté directement dans le tendon douloureux.
  5. Un pansement simple est posé ; aucune chirurgie ouverte n’est nécessaire.

Le geste se déroule généralement sous anesthésie locale ou sans anesthésie selon la sensibilité du patient. La durée et les modalités varient selon chaque patient.

Le rôle central de l’imagerie dans le traitement

L’imagerie permet de guider les injections avec précision. Le PRP est généralement réalisé sous guidage échographique, qui permet de visualiser les tendons en temps réel et de cibler précisément les zones pathologiques. Cette précision participe à la fois à la sécurité du geste et à son efficacité.

Résultats : ce qu’il faut réellement attendre

Le PRP dans l’épicondylite latérale a fait l’objet de nombreux essais randomisés, en particulier en comparaison avec les infiltrations de corticoïdes. Le tableau qui se dégage est cohérent d’une étude à l’autre : les corticoïdes procurent un soulagement plus rapide à court terme (moins de 2 mois), mais le PRP prend l’avantage à long terme (au-delà de 6 mois), avec une amélioration plus durable de la douleur, de la fonction et de la force de préhension. Une méta-analyse récente confirme que le PRP obtient les meilleurs résultats à long terme parmi les traitements injectables comparés (corticoïdes, sang autologue, sérum salé), là où les corticoïdes dominent seulement à court terme.

Dans de nombreux cas, les injections de PRP permettent, sur la durée :

  • une diminution des douleurs
  • une amélioration de la force, notamment de préhension
  • une réduction de la gêne fonctionnelle
  • une amélioration de la qualité de vie

Les effets sont généralement progressifs, se développant sur plusieurs semaines, ce qui explique le moins bon score à très court terme comparé aux corticoïdes — c’est le compromis à expliquer clairement aux patients qui recherchent un soulagement immédiat. Une rééducation adaptée reste souvent importante après le traitement. Un suivi est nécessaire pour évaluer l’évolution.

Effets secondaires : ce qu’il faut savoir sans dramatiser

Comme toute procédure, les injections de PRP comportent des risques, généralement limités car il s’agit d’un produit autologue (issu du patient lui-même, sans risque de rejet ou de réaction allergique) :

  • des douleurs transitoires après l’injection, parfois plus marquées les premiers jours (contrairement aux corticoïdes, qui soulagent plus vite)
  • une irritation locale
  • une gêne temporaire
  • de manière rare, des complications liées à la procédure

Le risque dépend du terrain du patient et de la précision du geste. Une information claire est délivrée avant toute intervention.

PRP VS autres traitements

Le PRP ne remplace pas toutes les autres approches : il s’intègre dans une stratégie globale de prise en charge de l’épicondylite latérale. La kinésithérapie, les traitements antalgiques, les infiltrations, l’embolisation ou d’autres traitements interventionnels peuvent également être proposés selon les situations.

Le choix entre PRP et corticoïdes dépend notamment de l’horizon recherché par le patient : soulagement rapide mais moins durable pour les corticoïdes, bénéfice plus lent à s’installer mais plus durable pour le PRP. Ces approches sont complémentaires, et le choix repose sur une analyse personnalisée.

Pourquoi l’expertise change tout

Les injections de PRP dans l’épicondylite latérale nécessitent une expertise spécialisée, reposant sur :

  • une analyse précise des tendons à l’imagerie, pour confirmer l’indication
  • une sélection rigoureuse des patients
  • un ciblage précis des zones tendineuses atteintes sous guidage échographique
  • une prise en charge globale, articulée avec la rééducation

Chez IRMI, cette expertise s’appuie sur une continuité rare entre diagnostic et traitement, réalisés par la même équipe spécialisée ; un gage de précision et de pertinence de l’indication.

Références

FAQ

Le geste est généralement bien toléré, même si une gêne transitoire, parfois plus marquée les premiers jours qu’avec une infiltration de corticoïdes, peut apparaître après l’injection.

Non. Les effets apparaissent progressivement sur plusieurs semaines. Le PRP est en général moins rapide qu’une infiltration de corticoïdes à court terme, mais plus durable au-delà de 6 mois selon les études disponibles.

Cela dépend de chaque situation clinique.

Une reprise progressive est généralement recommandée selon l’évolution clinique.

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