Traitement de l’arthrose de l’épaule par radiofréquence

L’arthrose de l’épaule peut entraîner des douleurs persistantes, une gêne fonctionnelle et une limitation progressive des mouvements. Lorsque les traitements conservateurs deviennent insuffisants et que les douleurs persistent malgré la rééducation et les traitements habituels, certaines techniques ciblées peuvent être envisagées. Parmi elles, la radiofréquence est une technique mini-invasive guidée par imagerie, qui agit sur les nerfs sensitifs impliqués dans la transmission de la douleur de l’articulation.

En résumé

01

Durée de l’intervention

60 minutes

02

Hospitalisation

Ambulatoire

03

Anesthésie

Locale

IRMI en quelques chiffres

70 à 80 %
de soulagement de la douleur d'épaule après radiofréquence.
6 à 12 mois
C'est la durée moyenne de l'effet obtenu.
À retenir

La radiofréquence de l’arthrose de l’épaule est une technique mini-invasive. Elle consiste à agir sur les nerfs sensitifs de l’articulation de l’épaule, principalement le nerf supra-scapulaire, et parfois le nerf axillaire et le nerf pectoral latéral, à l’aide d’une énergie thermique contrôlée. Elle est proposée au cas par cas après évaluation spécialisée et nécessite une expertise en radiologie interventionnelle.

Le principe : agir sur la transmission de la douleur

Dans l’arthrose de l’épaule, l’usure articulaire peut entraîner une inflammation chronique et des douleurs persistantes. L’articulation gléno-humérale est innervée par plusieurs branches nerveuses sensitives, principalement le nerf supra-scapulaire (qui assure la majeure partie de la sensibilité articulaire), ainsi que le nerf axillaire et le nerf pectoral latéral selon les zones douloureuses.

La radiofréquence consiste à agir directement sur ces fibres nerveuses, à l’aide d’une aiguille spécifique délivrant une énergie thermique contrôlée qui modifie la conduction du signal douloureux. Selon les cas, un seul nerf (le plus souvent le nerf supra-scapulaire) ou plusieurs nerfs peuvent être traités lors de la même séance, afin de couvrir une zone de sensibilité articulaire plus large. L’objectif n’est pas de réparer mécaniquement le cartilage, mais de diminuer les douleurs chroniques liées à l’articulation.

Contraste clinique

Une arthrose importante à l’imagerie peut être peu douloureuse ; à l’inverse, des douleurs très importantes peuvent exister malgré des anomalies modérées. C’est pourquoi l’indication repose sur l’analyse du mécanisme douloureux et non sur le seul degré d’usure visible à l’imagerie.

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À quels patients s’adresse cette approche ?

La radiofréquence ne concerne pas toutes les douleurs de l’épaule. Elle s’adresse à des patients présentant :

  • une arthrose douloureuse de l’épaule
  • des douleurs chroniques persistantes
  • une gêne fonctionnelle importante
  • une limitation des mouvements
  • une résistance aux traitements conservateurs

Les patients décrivent souvent une douleur mécanique aggravée par les mouvements ou certains efforts.

Tous les patients ne sont pas éligibles : l’indication dépend du mécanisme de la douleur, des résultats de l’imagerie et du contexte clinique global. La décision est prise après une évaluation spécialisée, parfois précédée d’un bloc-test diagnostique du nerf ciblé.

Avant le traitement : une étape essentielle

Une évaluation préalable est indispensable. Le diagnostic repose sur l’analyse des symptômes, l’examen clinique et l’imagerie, et permet de :

  • confirmer le caractère articulaire de la douleur
  • évaluer le stade de l’arthrose
  • identifier les structures nerveuses impliquées dans la douleur
  • s’assurer que la radiofréquence est adaptée à la situation

Une mauvaise indication peut limiter l’efficacité du traitement.

Déroulement d’une séance de radiofréquence

L’intervention est réalisée en radiologie interventionnelle, sans chirurgie ouverte :

  1. Une anesthésie locale est réalisée au point de ponction.
  2. Une aiguille fine est introduite à travers la peau jusqu’à la zone ciblée (nerf supra-scapulaire, et selon les cas nerf axillaire ou pectoral latéral), sous guidage par imagerie.
  3. Des tests de stimulation (sensitive et motrice) sont réalisés afin de confirmer le bon positionnement et d’éviter toute atteinte motrice.
  4. L’énergie de radiofréquence est ensuite appliquée au niveau des fibres nerveuses responsables de la douleur.
  5. L’aiguille est retirée et un pansement simple est posé.

Le geste se déroule généralement sous anesthésie locale, en ambulatoire. La durée et les modalités varient selon chaque patient et le nombre de nerfs traités.

Le rôle central de l’imagerie dans le traitement

L’imagerie permet de guider la procédure avec précision. La radiofréquence est réalisée sous contrôle échographique ou radiologique selon les situations, ce qui permet de positionner précisément l’aiguille au contact des structures nerveuses ciblées. Des tests de stimulation motrice sont systématiquement réalisés avant la lésion, pour s’assurer de ne pas affecter les branches motrices avoisinantes (muscles supra-épineux, infra-épineux, deltoïde selon le nerf traité). L’imagerie assure ainsi à la fois la précision du traitement et la sécurité du geste.

Résultats : ce qu’il faut réellement attendre

La radiofréquence des nerfs sensitifs de l’épaule dans l’arthrose s’appuie sur un nombre croissant d’études cliniques. Une étude rétrospective portant sur plus de 100 patients a montré une diminution marquée de la douleur dès les 24 premières heures, maintenue à 2 semaines. Des revues systématiques rapportent un soulagement prolongé, généralement jusqu’à 6 mois, avec certaines séries utilisant une ablation de plusieurs nerfs (supra-scapulaire, axillaire, pectoral latéral) rapportant une durée moyenne de soulagement d’environ 5 mois chez les patients répondeurs, pouvant approcher un an dans certains cas.

Dans de nombreux cas, la radiofréquence permet :

  • une diminution des douleurs
  • une amélioration du confort quotidien
  • une meilleure mobilité de l’épaule
  • une amélioration de la qualité de vie

Le soulagement peut être progressif. Comme pour les autres indications de la radiofréquence, l’effet est temporaire : le geste peut être renouvelé si la douleur réapparaît. Une rééducation adaptée reste souvent importante après le traitement, la fenêtre de confort obtenue facilitant le travail de mobilité. Un suivi est nécessaire pour évaluer l’évolution.

Effets secondaires : ce qu’il faut savoir sans dramatiser

Comme toute procédure, la radiofréquence comporte des risques, généralement limités :

  • des douleurs transitoires après le geste
  • une irritation nerveuse temporaire
  • des ecchymoses au point de ponction
  • de manière rare, des complications liées à la procédure, notamment une faiblesse musculaire transitoire si une branche motrice est involontairement affectée ; raison pour laquelle les tests de stimulation avant le geste sont essentiels

Le risque dépend du terrain du patient et de la précision du geste. Une information claire est délivrée avant toute intervention.

Radiofréquence VS autres traitements

La radiofréquence ne remplace pas toutes les autres approches : elle s’intègre dans une stratégie globale de prise en charge de l’arthrose de l’épaule. La kinésithérapie, les traitements antalgiques, les infiltrations ou l’embolisation peuvent également être proposés selon les situations. 

Ces approches sont complémentaires : la radiofréquence agit sur la transmission du signal douloureux, tandis que l’embolisation agit sur la composante inflammatoire vasculaire lorsqu’elle est présente. Le choix dépend d’une analyse personnalisée du mécanisme dominant chez chaque patient.

Pourquoi l’expertise change tout

La radiofréquence de l’arthrose de l’épaule est une technique spécialisée qui nécessite :

  • une expertise en radiologie interventionnelle et en médecine de la douleur
  • une analyse précise du mécanisme douloureux, en amont du geste
  • une connaissance fine de l’anatomie nerveuse de l’épaule et de ses variantes (nerf supra-scapulaire, axillaire, pectoral latéral)
  • une sélection rigoureuse des patients

Chez IRMI, cette expertise s’appuie sur une continuité rare entre diagnostic et traitement, réalisés par la même équipe spécialisée ; un gage de précision et de pertinence de l’indication.

Références

FAQ

Il est généralement réalisé sous anesthésie locale et bien toléré.

Le soulagement peut apparaître rapidement chez certains patients (parfois dès les 24 premières heures selon les études), mais reste généralement progressif pour la mobilité.

Dans certaines situations, cette approche peut être envisagée avant des traitements plus invasifs, comme la prothèse d’épaule.

Oui, l’effet de la radiofréquence est temporaire (plusieurs mois en moyenne) et l’évolution dépend du stade de l’arthrose. Le geste peut être renouvelé après réévaluation.