Traitement des douleurs dorsales et fessières par radiofréquence

La radiofréquence est une technique interventionnelle qui utilise une énergie thermique contrôlée pour agir sur certains nerfs responsables de la transmission de la douleur. L’objectif est de réduire leur activité afin de limiter les messages douloureux envoyés au cerveau. À l’Institut de Radiologie et Médecine Interventionnelle, cette approche est utilisée dans certaines douleurs chroniques du bas du dos ou de la région fessière lorsque l’origine nerveuse a été clairement identifiée.

En résumé

01

Durée de l’intervention

30 minutes

02

Hospitalisation

Ambulatoire

03

Anesthésie

Locale

IRMI en quelques chiffres

75 %
de soulagement de la douleur après radiofréquence pour une douleur lombaire et fessière chronique.
30 à 45 min
C'est la durée moyenne de la séance, réalisée sous guidage par imagerie.
À retenir

La radiofréquence est une technique mini-invasive qui utilise la chaleur, délivrée par une aiguille guidée par imagerie, pour interrompre la transmission de la douleur lombaire ou fessière chronique. Elle peut être proposée après un bloc-test anesthésique confirmant l’origine de la douleur. Son indication est posée au cas par cas.

Le principe : neutraliser un relais douloureux devenu pathologique

Les articulations facettaires lombaires et les nerfs cluniaux possèdent leur propre réseau nerveux sensitif. Lorsque ces structures deviennent douloureuses, les nerfs concernés peuvent transmettre en permanence des informations douloureuses, même lors de gestes simples du quotidien.

La radiofréquence consiste à appliquer une chaleur précisément contrôlée au voisinage de ces fibres nerveuses. Cette énergie modifie leur capacité à transmettre les signaux responsables de la douleur chronique.

Le traitement n’agit donc pas directement sur l’arthrose, l’usure articulaire ou les modifications anatomiques observées à l’imagerie. Son objectif est d’interrompre le circuit nerveux qui entretient les symptômes.

Cette stratégie peut permettre de diminuer durablement certaines douleurs mécaniques du rachis lombaire.

À quels patients s’adresse cette approche ?

La radiofréquence peut être envisagée chez des patients présentant :

  • une lombalgie chronique persistante ;
  • un syndrome facettaire lombaire ;
  • une douleur localisée dans la région fessière ;
  • une suspicion d’atteinte des nerfs cluniaux ;
  • une amélioration temporaire après infiltration test ;
  • un échec des traitements conservateurs.

Les douleurs sont souvent augmentées lors de la station debout prolongée, des mouvements du tronc ou de certaines activités physiques.

L’indication repose avant tout sur la compréhension du mécanisme douloureux et non uniquement sur les images radiologiques.

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Avant le traitement : valider l’origine exacte de la douleur

Toutes les douleurs lombaires ne relèvent pas d’une radiofréquence.

Avant d’envisager la procédure, il est indispensable de confirmer que les symptômes proviennent bien des nerfs ciblés.

Cette évaluation repose généralement sur :

  • l’examen clinique ;
  • l’analyse du trajet de la douleur ;
  • l’imagerie lombaire ;
  • les tests diagnostiques ;
  • les infiltrations de confirmation.

Ces examens permettent d’éviter des traitements inutiles et d’orienter le patient vers la stratégie la plus adaptée.

Comment se déroule le traitement de la douleur par radiofréquence ?

L’intervention est réalisée en radiologie interventionnelle.

Après désinfection de la peau et anesthésie locale, une aiguille spécialisée est guidée jusqu’au nerf identifié lors du bilan préalable. Avant l’application de la radiofréquence, des tests de stimulation peuvent être réalisés afin de confirmer le bon positionnement. Une fois la cible validée, l’énergie thermique est délivrée pendant une durée déterminée.

L’intervention ne nécessite ni incision chirurgicale ni hospitalisation prolongée et le retour à domicile est généralement possible le jour même.

Cibler le bon nerf au bon endroit

Les nerfs responsables de ces douleurs sont de très petite taille. Le traitement nécessite donc un repérage extrêmement précis.

L’imagerie permet de visualiser les repères anatomiques et de positionner l’aiguille au contact de la structure nerveuse concernée.

Cette précision est essentielle car plusieurs causes différentes peuvent produire des douleurs similaires dans la région lombaire ou fessière.

Le succès du traitement dépend en grande partie de cette phase de ciblage.

Résultats : que faut-il attendre ?

L’objectif principal est d’obtenir une diminution significative de la douleur chronique.

Chez de nombreux patients, cette amélioration se traduit par une reprise plus confortable de la marche, une diminution des limitations fonctionnelles et une meilleure tolérance aux activités quotidiennes.

Le bénéfice n’est pas forcément immédiat. Une période de quelques semaines peut être nécessaire avant d’apprécier pleinement l’effet du traitement.

La durée du soulagement varie selon le type de douleur, l’ancienneté des symptômes et le profil du patient. Un suivi médical permet d’évaluer l’évolution dans le temps.

Effets secondaires : ce qu’il faut savoir sans dramatiser

Après la procédure, une sensibilité locale ou une recrudescence transitoire des douleurs peut parfois apparaître pendant quelques jours.

Certains patients décrivent également une sensation de courbature profonde au niveau de la zone traitée. Ces manifestations sont généralement temporaires et correspondent à la réaction normale des tissus après le traitement.

Une modification localisée de la sensibilité cutanée peut également être observée dans certaines situations.

Comme toute procédure interventionnelle, des complications plus rares restent possibles et sont expliquées avant le geste.

Comparer sans opposer : radiofréquence, cryoneurolyse et infiltrations

  • La radiofréquence fait partie des techniques de traitement ciblé de la douleur.
  • Les infiltrations cherchent principalement à diminuer l’inflammation locale.
  • La cryoneurolyse agit également sur les nerfs mais utilise le froid plutôt que la chaleur.

Ces approches répondent à des logiques différentes et peuvent être proposées selon le diagnostic retenu, les résultats des tests préalables et les objectifs thérapeutiques.

Le choix de la technique dépend avant tout du mécanisme responsable de la douleur.

Pourquoi l’expertise IRMI change tout ?

Les douleurs facettaires et clunéales sont souvent sous-diagnostiquées. 

Une interprétation précise des symptômes, associée à une bonne connaissance de l’anatomie nerveuse lombaire, est indispensable pour identifier les bons candidats au traitement.

Notre expertise permet également de sélectionner la technique la plus adaptée et de cibler avec précision les structures responsables des douleurs. Cette étape conditionne largement la qualité du résultat obtenu.

Références

  • Manchikanti L, Kaye AD, Soin A, Albers SL, Latchaw S, Sanapati MR, et al. Comprehensive evidence-based guidelines for facet joint interventions in the management of chronic spinal pain: American Society of Interventional Pain Physicians (ASIPP) guidelines. Pain Physician. 2020;23(3S):S1-S127.

  • Société Française de Radiologie (SFR). Recommandations pour la prise en charge des douleurs rachidiennes chroniques par radiofréquence. Paris: SFR; 2021

  • Chou R, Hashimoto R, Friedly J, Fu R, Bougatsos C, Dana T, et al. Pain management injection therapies for low back pain. Technology Assessment Report. Rockville (MD): Agency for Healthcare Research and Quality (US); 2015.

  • Kallewaard JW, Geurts JW, Kessels A, Willems P, van Santbrink H, van Kleef M. Radiofrequency lesioning of the lumbar medial branch for facet joint pain: a randomized controlled trial. Spine. 2021;46(18):1220-1228.

FAQ

L’intervention est généralement bien tolérée et réalisée sous anesthésie locale.

L’amélioration peut apparaître progressivement au cours des semaines suivant le traitement.

Oui, l’évolution dépend de la pathologie sous-jacente et du comportement des fibres nerveuses dans le temps.

Oui, après réévaluation médicale lorsque cela est jugé pertinent.

La radiofréquence utilise la chaleur alors que la cryoneurolyse repose sur l’action du froid.

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