Traitement de la lombalgie chronique par radiofréquence facettaire (rhizolyse)
La radiofréquence facettaire est un traitement mini-invasif de certaines lombalgies chroniques qui cible les nerfs qui transmettent la douleur provenant des articulations facettaires. Elle ne modifie pas la structure de la colonne vertébrale. À l’Institut de Radiologie et de Médecine Interventionnelle, l’intervention est effectuée sous guidage radiologique dans l’objectif est de diminuer durablement les douleurs du bas du dos.
En résumé
Les injections guidées consistent à administrer un corticoïde ou un anesthésique directement au niveau de la structure douloureuse (articulation, racine nerveuse), sous contrôle de l’imagerie pour une précision maximale. Ce geste mini-invasif peut soulager rapidement une douleur lombaire résistante aux traitements de première intention. Son indication est posée au cas par cas, selon l’origine précise de la douleur.
Qu’est-ce qu’une rhizolyse ?
La radiofréquence facettaire, également appelée rhizolyse, est une technique utilisée pour traiter certaines douleurs lombaires chroniques liées aux articulations facettaires.
Le traitement consiste à appliquer une chaleur contrôlée sur de petits nerfs chargés de transmettre la douleur vers le cerveau.
L’objectif est de diminuer durablement l’information douloureuse sans intervenir directement sur l’articulation.
Quel est le principe de la radiofréquence facettaire ?
Les articulations facettaires sont situées à l’arrière des vertèbres et participent aux mouvements de la colonne lombaire. Avec l’âge ou l’usure, elles peuvent devenir douloureuses et envoyer en permanence des messages de douleur au système nerveux.
La radiofréquence facettaire agit sur les petits rameaux nerveux qui assurent cette transmission.
Le traitement ne vise pas à réparer l’articulation mais à interrompre le circuit qui entretient la douleur chronique.
Cette approche permet de cibler directement le mécanisme responsable des symptômes chez certains patients souffrant de lombalgie persistante.
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À quels patients s’adresse cette approche ?
La radiofréquence facettaire ne concerne pas toutes les douleurs lombaires.
Elle peut être proposée lorsque :
- la douleur est présente depuis plusieurs mois ;
- l’origine facettaire est fortement suspectée ;
- les traitements conservateurs n’ont pas apporté de soulagement suffisant ;
- les douleurs limitent certaines activités du quotidien ;
- une infiltration diagnostique a montré un résultat favorable.
Les patients décrivent généralement une douleur localisée dans le bas du dos, parfois aggravée par la station debout prolongée, les mouvements en arrière ou certaines rotations du tronc.
La décision repose avant tout sur le mécanisme de la douleur et non uniquement sur les anomalies visibles à l’imagerie.
Avant le traitement : pourquoi l’infiltration test est souvent indispensable ?
Avant d’envisager une rhizolyse, il est essentiel de confirmer que les articulations facettaires sont bien responsables de la douleur. Pour cela, une infiltration diagnostique peut être réalisée au contact des nerfs concernés.
Si cette infiltration entraîne un soulagement significatif pendant une durée limitée, elle constitue un argument fort en faveur d’une origine facettaire de la douleur.
Cette étape permet de sélectionner les patients les plus susceptibles de bénéficier de la radiofréquence.
Résultats : ce qu’il faut réellement attendre
L’objectif principal du traitement est de réduire l’intensité des douleurs lombaires liées aux articulations facettaires.
Chez les patients correctement sélectionnés, une diminution de la douleur peut permettre de retrouver une meilleure tolérance à la marche, à la station debout ou à certaines activités du quotidien.
L’amélioration n’est pas toujours immédiate et apparaît souvent progressivement dans les semaines qui suivent l’intervention.
Le traitement n’efface pas les signes d’usure visibles sur les examens d’imagerie, mais il peut réduire leur impact sur la vie quotidienne.
Effets secondaires : ce qu’il faut savoir sans dramatiser
Les suites sont généralement simples.
Une sensibilité temporaire au niveau des points de ponction ou une augmentation transitoire des douleurs lombaires peuvent être observées pendant quelques jours. Ces manifestations correspondent à la réaction normale des tissus après le traitement.
Plus rarement, certaines modifications temporaires de la sensibilité locale peuvent survenir. Une surveillance adaptée est mise en place après la procédure.
Comparer sans opposer : radiofréquence, infiltrations et rééducation
La radiofréquence facettaire s’intègre dans une stratégie globale de prise en charge de la lombalgie chronique.
Les traitements médicamenteux, la kinésithérapie, les exercices de renforcement et les infiltrations conservent une place importante selon la situation.
Contrairement aux infiltrations qui agissent principalement sur l’inflammation, la radiofréquence cible directement la transmission du signal douloureux.
Ces approches peuvent être complémentaires et utilisées à différentes étapes du parcours de soin.
Pourquoi l’expertise IRMI change tout ?
La réussite du traitement repose avant tout sur l’identification précise de la source de la douleur.
Toutes les lombalgies chroniques ne sont pas liées aux articulations facettaires. Une analyse rigoureuse des symptômes, de l’examen clinique et des tests diagnostiques est donc indispensable.
La précision du ciblage des nerfs et l’interprétation des résultats des infiltrations jouent également un rôle majeur dans la qualité des résultats obtenus.
Cette expertise permet de proposer la bonne technique au bon patient.
Références
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Haute Autorité de Santé (HAS). Prise en charge du patient présentant une lombalgie commune chronique. Saint-Denis La Plaine: HAS; 2019
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Société Française de Radiologie (SFR). Recommandations pour les procédures de radiologie interventionnelle rachidienne : infiltrations et radiofréquence articulaire postérieure. Paris: SFR; 2021
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Manchikanti L, Kaye AD, Soin A, Albers SL, Latchaw S, Sanapati MR, et al. Comprehensive evidence-based guidelines for facet joint interventions in the management of chronic spinal pain: American Society of Interventional Pain Physicians (ASIPP) guidelines. Pain Physician. 2020;23(3S):S1-S127.
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Maas ET, Juch JN, Ostelo RW, Groeneweg JG, Koes BW, Verhagen AP, et al. Cost-effectiveness of radiofrequency denervation for patients with chronic low back pain: the MINT randomized clinical trials. Value Health. 2020;23(6):702-711.
FAQ
Dans certaines situations, elle peut permettre de soulager une douleur facettaire chronique sans recourir à une chirurgie du rachis.
Le traitement est généralement réalisé sous anesthésie locale et reste bien toléré.
L’infiltration permet de vérifier que les articulations facettaires sont bien responsables de la douleur.
La durée varie selon les patients et selon l’évolution de la pathologie articulaire.
Oui, une nouvelle procédure peut être discutée après réévaluation médicale.
Comment se déroule l’intervention à l’IRMI ?
L’intervention est réalisée en salle de radiologie interventionnelle.
Après anesthésie locale, plusieurs aiguilles sont positionnées au niveau des nerfs responsables de la transmission de la douleur. La radiofréquence est ensuite appliquée pendant quelques dizaines de secondes sur chaque cible.
L’intervention ne nécessite pas de chirurgie ouverte ni d’hospitalisation prolongée. Dans la majorité des cas, le retour à domicile est possible le jour même.
Une technique de précision : cibler des nerfs de très petite taille
L’efficacité de la rhizolyse dépend de la précision du geste.
Les rameaux nerveux facettaires sont fins et situés à proximité des structures osseuses de la colonne vertébrale. Le guidage radiologique permet de positionner chaque aiguille au contact de la cible avant l’application de la radiofréquence.
Cette précision est indispensable pour obtenir un traitement efficace tout en préservant les tissus voisins.